Les propos discriminatoires de Philippe Couillard

Quand le premier ministre allègue ne pas se sentir en obligation de légiférer, entre autres raisons, parce qu'il n'y a pas de gens portant des « signes ostentatoires religieux » oeuvrant dans le domaine judiciaire, cela sous-entend que, si c'était le cas un jour, il pourrait ou devrait légiférer. C'est inadmissible d'entendre cela! Ceci est un très mauvais signal à envoyer à certaines communautés qui ne veulent finalement que vivre en harmonie avec leur terre d'accueil. Pour moi, ces gens venus d'ailleurs devraient logiquement et humainement se sentir chez eux, là-dedans comme partout ailleurs. Cette sorte d'expression envoie par la bande le signal d'un comportement particulier et discriminatoire pouvant à l'impromptu s'exercer envers quelqu'un, en fait envers eux. Donc, à mon sens à moi, malheureusement, une sorte de législation partisane à souhait et à la pièce (...). Irrecevable! Ceci me semble complètement autre chose que d'arriver à un compromis social et démocratique, peut-être acquis difficilement, il se peut, mais imaginé et négocié par la classe politique avec le peuple pour favoriser une bonne entente entre nous et qui nous feraient enfin passer à autre chose.
Plus fou, pour moi, l'air de rien, ceci envoie le signal très désolant aux nouveaux arrivants et à ceux et celles qui sont ici depuis longtemps que l'évolution historique de notre communauté ne compte plus, c'est-à-dire qu'à partir de maintenant, juges, avocats, policiers, éducateurs, professeurs, thérapeutes ou autres engagés par l'État pourraient éventuellement arborer leurs couleurs politiques en tout temps, sur des cravates ou sur des casquettes ou tout ce qui leur tombe sous la main, et ce devant d'innocents enfants ou même devant qui que ce soit, au travail comme en en toutes circonstances! Pas d'accord! Tout ça simplement, parce que, et c'est l'évidence de l'évidence en terme de droit, dans un État laïc, la « chose religieuse » ne peut nécessairement pas prévaloir sur la « chose politique »! Tout ça est absurde! Où est le respect? Pour ma part, je ne souhaite la présence ostentatoire ni de l'un ni de l'autre dans le domaine judiciaire, pas plus que dans le domaine éducationnel public et encore moins dans le monde thérapeutique. Un compromis ou beau pacte social me semble à concevoir entre nous! (...) Le Québec a vécu une bouleversante « Révolution tranquille » et deux référendums sans aucun coup de canon (...)! Pourquoi maintenant un « Richard Henry Bain » et pourquoi un « Alexandre Bissonnette ». Pourquoi? Merci d'y songer!
Claude Létourneau, Sherbrooke