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Les oubliés de la pandémie

Denis Dufresne
Denis Dufresne
La Tribune
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ÉDITORIAL / Stress, fatigue, anxiété et manque de fonds : comme de nombreux citoyens, les organismes communautaires estriens en arrachent beaucoup depuis plusieurs mois et ont de la difficulté à bien remplir leur mission.

Car dans la panoplie de mesures mises en place par le gouvernement Legault depuis le début de la pandémie de COVID-19, l’hiver dernier, le secteur communautaire semble avoir été plus ou moins négligé.

Tout comme les personnes à faible revenu, d’ailleurs, pour qui l’achat de masques protecteurs, de gel désinfectant et autre matériel sanitaire peut représenter des dépenses supplémentaires importantes.

Alors que le nombre de personnes qui se retrouvent en situation de détresse et, bien souvent aussi, en difficulté financière, a augmenté depuis l’hiver dernier, plusieurs organismes ont dû composer avec une hausse importante de demandes de soutien et, parfois, avec moins d’effectifs en raison du départ de bénévoles considérés à risque.

Du reste, à l’instar de la plupart des secteurs d’activités, le réseau communautaire était déjà confronté à une pénurie de main-d’œuvre avant même la pandémie.

Et, là comme ailleurs, le personnel et les bénévoles sont à bout de souffle.

À cela s’ajoutent souvent des problèmes financiers.  

Rémi Demers, directeur général de Sercovie, un organisme qui offre notamment un service de popote roulante, déplorait peu avant les Fêtes un manque à gagner de 450 000 $ dans les revenus provenant de la cafétéria et des activités du centre.

Et bon nombre d’autres services de popote roulante sont aussi en difficulté en Estrie.

Bref, alors que la pandémie de COVID-19 perdure et que de nouvelles mesures de restriction sont mises en place, l’année 2021 s’annonce difficile. 

En août dernier, le gouvernement du Québec a certes débloqué une aide d’urgence de 70 millions $, un « fonds COVID-19 », pour soutenir les organismes communautaires afin d’éviter des ruptures de services auprès des clientèles vulnérables.

Or, affirme Claudelle Cyr, directrice du Regroupement des organismes communautaires (ROC) de l’Estrie, les critères d’admissibilité étaient trop restrictifs de sorte que seulement 14 groupes estriens ont pu se partager une somme globale de 200 000 $.

« Un des critères est qu’il fallait être en déficit, mais de nombreux organises avaient déjà diminué leurs activités, faute d’argent, ou avaient tenté de trouver des fonds ailleurs », indique Mme Cyr, qui est également présidente de la Coalition des tables régionales des organismes communautaires.

Québec a toutefois également accordé un rehaussement des budgets réguliers des organismes communautaires avec une somme de 40 millions $, dont 2,2 millions en Estrie où on retrouve 200 groupes.

Alors que le réseau de la santé et des services sociaux est mobilisé contre la COVID-19, les groupes communautaires manquent de ressources et doivent eux aussi composer avec des contraintes liées à l’épuisement professionnel, au télétravail et aux consignes sanitaires.

Que ce soit en soutien aux démunis, en sécurité alimentaire, en lutte contre le suicide et l’itinérance ou pour des services d’aide aux chômeurs, ces organismes assurent un filet social pour les plus mal pris.

Sans eux, le réseau de la santé et des services sociaux serait encore plus débordé.

Au-delà d’une aide sporadique liée à la pandémie, déjà insuffisante, ils ont besoin d’une hausse de financement pérenne.