Les jeunes attendent qu’on bouge!

Quelle est la principale différence entre un jeune Québécois du primaire et un autre du secondaire? Le premier arrive à la grande école avec toutes ses belles idées de protection de l’environnement, puis se rend vite compte, après deux ou trois ans, qu’il y a énormément d’obstacles à la concrétisation de celles-ci et que les adultes de la société ne sont pas tous des exemples à suivre...

Beaucoup d’enseignants, tant au primaire qu’au secondaire, en plus d’enseigner leur programme du MÉES, parlent de l’actualité avec leurs élèves, montrent des documentaires tels que Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent (2015) —
que tous les paliers de gouvernement devraient visionner —, proposent des projets, en lancent d’autres tels que des potagers scolaires (merci notamment à Geneviève La Roche de Croquarium de donner aux enseignants les outils pour réaliser ces projets), des Freego, des cafés étudiants où l’on vend des produits équitables, etc.

Au secondaire, un jeune Québécois est un adulte en développement qui apprend à devenir plus critique par rapport à ce qu’il voit et entend autour de lui, tout en n’ayant pas encore pleinement les moyens de faire bouger les choses, car les obstacles sont légion.  

Par exemple, récemment, on apprenait que la Chine ne voulait plus de certains déchets plastiques occidentaux (quoi!) et que ces derniers étaient soit envoyés dans les dépotoirs, soit s’empilaient...

Également, des commissions scolaires donnent des contrats à des entreprises fournissant les repas de leurs cafétérias alors que ces entreprises utilisent de la vaisselle et des ustensiles en plastique ou en carton qui ne peuvent qu’être jetés, des bouteilles d’eau individuelles alors que l’école encourage le remplissage de bouteilles réutilisables, des contenants de condiments à usage unique... et jetables, bien sûr, etc.  En 2018!

Dans un autre ordre d’idées, on a la SAQ qui montre tout juste une ouverture à l’imposition d’une consigne sur les bouteilles de vins et de spiritueux. En 2018!

Mais surtout, que dire de la ville de San Francisco, en Californie, une ville de plus de 800 000 habitants qui, en 2015, récupérait, recyclait, réutilisait et compostait déjà 75 % de tous ses déchets! Comment y est-elle arrivée? Sensibilisation, d’accord, mais actions : identification (sur le couvercle) du contenu à mettre dans chacun des bacs et une loi claire obligeant non seulement ses citoyens à ne rien jeter, mais aussi les récompensant selon la quantité de déchets non envoyés aux dépotoirs.

Les jeunes nous regardent. Ils nous voient, nous entendent, nous critiquent et nous les décevons souvent beaucoup. Laissons un peu de côté nos gadgets électroniques et prenons le temps de regarder autour de nous. Et prenons le temps de parler des vraies valeurs à nos jeunes, celle d’une communauté qui s’entraide, celle d’un environnement et d’une alimentation qui ne nous donnent pas le cancer, celle de l’avenir des enfants qu’ils auront, nos petits-enfants.

Enfin, merci aux directions d’écoles qui encouragent de tels projets, merci à tous les journalistes et militants de ne cesser de faire passionnément leur travail d’information et de sensibilisation à ce sujet.

Sylvie Gendreau
Sherbrooke