Alexandre Cusson

Les doutes du maire Cusson sont très bien justifiés

Récemment, le maire de Drummondville laissait entendre qu’il pensait à se présenter au fédéral sous la bannière libérale, mais que sa réflexion n’était pas encore très avancée.

« J’ai des responsabilités que j’adore et qui me permettent de faire avancer des dossiers. Qu’est-ce que je ne pourrai pas faire si je passe à Ottawa? » a déclaré Alexandre Cusson.

La question de M. Cusson démontre son excellente compréhension de la différence existant entre les niveaux politiques. Un maire est roi et maître sur son territoire avec ses équipes, il connaît ses concitoyens et les rencontre régulièrement pour entendre leurs suggestions et leur expliquer ses décisions. À ce titre, et tous les autres maires du Québec le reconnaissent, il fait un excellent travail.

Monsieur Cusson rajoute aussi : « Je suis toujours hésitant avec ce qui touche la politique partisane. J’ai trop d’exemples de politiciens en tête, des politiciens qui étaient très constructifs et pour qui ça n’a pas marché, dès le jour où ils sont tombés dans la politique partisane. C’est ce qui fait que j’ai toujours refusé de faire de la politique à un autre niveau. La politique partisane, ça nous amène à faire des compromis ».

Et ça nous amène également, selon moi, à nous taire quand on nous dit de le faire sous peine d’être expulsé du parti.

Où étaient les députés et ministres québécois libéraux quand le pipeline Trans Mountain a été acheté pour 4,3 milliards pour plaire aux pétrolières et que le Québec a payé au moins 20 % de cette somme en pure perte?

Où étaient les députés et ministres québécois libéraux quand la Davies de Lauzon n’a obtenu presque rien pour la construction et la rénovation d’une partie de la flotte des bateaux canadiens et qu’Halifax et Vancouver se sont partagé la presque totalité des contrats?

Où étaient les députés et ministres québécois libéraux quand Chrysler a annoncé qu’il partait et ne remettrait jamais à Ottawa les 2,6 milliards de prêts reçus lors de la crise de 2008 et pour lesquels Québec avait payé au moins 20 % par ses taxes et impôts?

Où étaient les députés et ministres québécois libéraux quand Justin Trudeau a écarté du revers de la main une demande unanime du Québec pour ne produire qu’un seul rapport d’impôt sur son territoire?

Où étaient les députés et ministres québécois libéraux quand la gestion de l’offre a été sacrifiée lors de la dernière négociation de l’ALÉNA et qu’on aurait dû au minimum demander de recevoir du lait de la qualité du nôtre, ce que les Américains ne peuvent pas faire?

Où étaient les députés et ministres québécois libéraux quand trois contrats ferroviaires n’ont pas été accordés à Bombardier et qu’absolument aucune portion des travaux ne sera réalisée au Québec?

En réalité, les députés et ministres québécois libéraux font entendre leurs voix au caucus libéral où ils sont minoritaires et ils doivent ensuite défendre les décisions prises par ceux qui sont majoritaires, que ça leur plaise ou non.

On croirait entendre Maurice Duplessis dire à l’un de ses ministres : « Toé, tais-toé ».

Monsieur le maire Cusson a des doutes tout à fait fondés. Car il serait minoritaire à Ottawa et il devrait faire ce que ceux qui ont la majorité lui diraient de faire.

Roger Pomerleau

Drummondville