L'éducation au privé : travail sous pression

Il a beaucoup été question au cours des derniers jours de la rentrée scolaire et collégiale dans le réseau public et des défis qui attendent le personnel.

Cependant, on a bien peu parlé de l’autre rentrée, celle qui se déroule dans le réseau des écoles et collèges privés. Pourtant, là aussi, l’année risque d’être exigeante pour le personnel.

Parce que l’idée que ça irait mieux au privé qu’au public est certainement un mythe en ce qui concerne le personnel. Vu de l’intérieur, les conditions de travail des enseignantes et enseignants, du personnel professionnel, comme du personnel de soutien sont aussi très exigeantes.

Des maux malheureusement partagés

Travailler dans un établissement privé ne vous met malheureusement pas à l’abri des maux qui accablent trop de collègues du secteur public. La pénurie de personnel, la surcharge de travail, la détresse vécue au quotidien, les emplois précaires, le manque de valorisation et de reconnaissance sont également le lot d’une bonne part de celles et ceux qui œuvrent dans le secteur privé.

Les travailleuses et travailleurs du privé subissent même une pression supplémentaire en raison de la concurrence à laquelle ils doivent faire face dans le milieu où ils évoluent. La clientèle étudiante d’un établissement privé n’est jamais assurée. Les enseignantes et enseignants sont constamment incités à être plus performants et innovants puisque l’on fait retomber sur leurs épaules une partie du fardeau de l’attractivité de l’institution.

Un dilemme supplémentaire

Le dilemme des travailleuses et travailleurs du privé est d’autant plus difficile qu’ils doivent subir en silence le poids de leurs conditions de travail, de peur de nuire à la réputation de l’établissement, et donc à leur gagne-pain. Malgré ces exigences importantes, ces enseignantes et enseignants, ces professionnelles et professionnels, ainsi que ces membres du personnel de soutien assument avec compétence et loyauté leurs tâches parce qu’ils ont à cœur la réussite des élèves et des étudiantes et étudiants.

Comme leurs collègues du secteur public, ces acteurs de l’éducation du privé méritent grandement, eux aussi, notre respect et notre appui. Ils accomplissent chaque jour leur importante mission éducative auprès de nos jeunes. Ils font la différence dans la vie de milliers d’élèves et d’étudiantes et étudiants.

Ils peuvent être fiers de ce qu’ils réalisent.

Souhaitons-leur une bonne année professionnelle!


Stéphane Lapointe 
Président de la Fédération du personnel de l’enseignement privé (FPEP-CSQ)