Le temps de bien faire les choses

Nombreux sont les témoignages d’enseignant(e)s qui, à la faveur des tribunes d’opinion publique, ont exprimé leur désarroi face au manque de valorisation de la profession et aux conditions de travail qui prévalent dans le milieu de l’éducation : écoles en mauvais état, tâches et modèles de classe à revoir, rémunération en deçà de ce qui se fait ailleurs au pays…

Or, du temps où il aspirait à gouverner le Québec, François Legault affirmait avoir pour objectif de « doter le Québec d’un des meilleurs systèmes d’éducation au monde d’ici 2020 » (Le Soleil, 2011*). Ainsi, au moment où s’amorcent les négociations dans le secteur public, l’occasion est belle pour ce gouvernement qu’on a souvent taxé d’agir trop vite et sans perspective d’ensemble des tenants et aboutissants de ses réformes, de démontrer qu’il a su tirer leçon du passé et qu’il est disposé, cette fois, à faire le point sur la profession d’enseignant afin de lui redonner la place qui lui revient.

On ne répètera jamais assez à quel point l’éducation est un des principaux vecteurs de prospérité d’une société et que la mise en valeur de la profession dépasse le simple fait de rénover des écoles en décrépitude et d’en construire de nouvelles, aussi belles et avant-gardistes soient-elles!

Souhaitons que le ministre Roberge, qui aime rappeler qu’« avant d’être ministre, il a été enseignant », saura, comme il le prétend, non seulement écouter ce que les enseignants ont à dire mais véritablement les entendre afin que nos enfants puissent compter sur une classe de professionnels motivés et valorisés dans leur rôle. Car si, pour le gouvernement, « le temps est venu » de bien faire les choses, encore faudrait-il qu’il « prenne le temps » de bien les faire!

Jean-Paul Plante
Magog

(*) Daphnée Dion-Viens, « François Legault et l’éducation : Trois idées contestées », Le Soleil, 13 avril 2011.