Pauline Marois

Le PQ a la chance de revenir à l'essentiel

Alors que la défaite aurait dû mettre un terme définitif et immédiat à l'étapisme et attentisme stratégique du Parti québécois, de même qu'à sa « gouvernance souverainiste », certains militants et députés soutiennent que le PQ n'aurait pas dû parler de référendum et de l'idée d'indépendance lors de la campagne, et sous-entendent qu'il faut balayer l'article 1 de leur programme. Il y a lieu d'être inquiet. L'échec cuisant du PQ semble se poursuivre même après le 7 avril.
Quand comprendront-ils que les Québécois ont rejeté un gouvernement péquiste, mais pas l'idée d'indépendance. Ils ont désavoué une « coalition » d'indépendantistes qui ont peur de leur ombre et qui renient leur raison d'être.
Le PQ n'a d'autre choix que de sortir du déni. Le temps est venu de renouer avec l'idée d'indépendance, avec sa pédagogie!
Pour ce faire, un bon commencement serait de mettre à la porte les apparatchiks et hauts placés du parti, et tous ceux incapables de faire un examen de conscience honnête et qui considèrent que d'être un politicien est une «job». Il adviendrait de s'inscrire dans une démarche d'actes de rupture véritables et pas simplement se satisfaire d'un livre blanc. À ce propos, la réalisation d'études sur la question d'indépendance ne doit pas attendre la prise de pouvoir. Puis, il serait impératif de s'offrir un temps de réflexion, et pas seulement au PQ. Claude Gélinas, un lecteur du Devoir, commentait avec raison que « Ce qui presse le moins au PQ et au Bloc québécois et qui ne doit pas se faire de façon précipitée c'est l'élection d'un chef. Si bien qu'un moratoire d'un an devrait être décrété avant d'entreprendre ces deux campagnes à la chefferie. ». Idée intéressante. Et pendant ce temps, pourquoi ne pas organiser de vastes états généraux sur l'avenir du Québec, là où toutes les forces indépendantistes sans exception seraient conviées? Quelque chose comme les états généraux sur la souveraineté du Québec, mais avec bien plus d'ampleur. Il sera alors possible d'élaborer entre gens du PQ, d'Option nationale et de Québec solidaire une stratégie commune et d'unir les forces plutôt que les diviser. Qui sait, peut-être devra-t-on créer un nouveau véhicule politique ou social pour enfin repartir sur de nouvelles bases?
Quoi qu'il en soit, la démarche doit s'inscrire bien au-delà des frontières des partis politiques et s'enraciner dans des mouvements sociaux. Plus que tout, la jeunesse québécoise doit être au coeur de l'équation. Ce n'est pas normal que la jeunesse soit conquise par les libéraux, il faut y remédier rapidement.
Le PQ - et le mouvement indépendantiste - a une chance en or. Celle de revenir à l'essentiel: faire la promotion de l'indépendance. C'est la renaissance ou la mort. Le pays ne commencera à se faire que lorsque les gens qui ont à coeur l'indépendance en feront ouvertement la pédagogie avec éloquence et fierté. Comme Bourgault le clamait si bien « nous avons le devoir de ne rien cacher à la population de ce que nous croyons nécessaire et vrai ».
Étienne Boudou-Laforce
Ex-candidat d'Option nationale
dans Saint-François