Sous la gouvernance de Donald Trump, les États-Unis sont devenus un objet de moquerie, de mépris et de manque de respect partout dans le monde. La triste vérité est que les États-Unis méritent largement cette mauvaise réputation et cette détérioration de leur image globale.

Le parfait archétype du «vilain Américain»

L’expression du vilain Américain (Ugly American) est apparue au 19e siècle pour décrire de manière péjorative les comportements ethnocentriques de citoyens américains qui exprimaient ouvertement à l’étranger leur arrogance, leur ignorance et leur attitude irréfléchie.

L’expression fut popularisée en 1948 à Cuba et entra dans la culture populaire américaine en 1958 avec le livre du même nom de William Lederer et Eugene Burdick. Et plus encore, en 1963, lorsque Marlon Brando fut la vedette d’un célèbre film sur le sujet.

Déjà durant les années 1820 et 1830, les Européens constataient chez les Américains six grands stéréotypes ou caractéristiques qui ont servi à définir le comportement déficient du « vilain Américain ».

Ce dernier se reconnaît d’abord par sa tenue. En plus de porter des chaussures blanches, une casquette de baseball et un sac en forme de banane, il cherche aujourd’hui à se faire passer pour un Canadien en cousant un drapeau du Canada sur son sac.

Deuxièmement, il se démarque par un anti-intellectualisme représentant trop souvent une ignorance grossière et une insensibilité culturelle primaire. Non seulement il ne parle que l’anglais et ne fait aucun effort pour apprendre la langue du pays qu’il visite, mais il exprime constamment des solutions simplistes et un mépris pour les avis des experts.

Troisièmement, il se montre grossier et vulgaire devant les coutumes autres, la nourriture exotique ou la culture étrangère. Par exemple, il se plaint constamment des portions qu’on lui sert dans un restaurant tout en critiquant systématiquement les choix alimentaires proposés. Néanmoins, son régime alimentaire manque à la fois de sophistication et d’imagination.

Quatrièmement, il a un besoin incontrôlable de montrer qu’il a réussi financièrement. Non seulement il se vante de sa richesse, mais il étale son argent outrancièrement. Incapable d’avoir une idée approximative du taux de change, il exige toujours de connaître le prix en dollars américains.

Cinquièmement, affichant un patriotisme excessif, il ne manque pas une occasion de vanter la grandeur de son pays et de se plaindre de ce qui lui manque lorsqu’il est à l’étranger. Néanmoins, il affiche un style de vie fade et sans âme. Son manque de vision et de culture se reflète dans un discours terne où les slogans creux et les clichés replacent la vivacité d’esprit.

Sixièmement, il ne se préoccupe pas d’être perçu comme hypocrite sous une apparence anti-élitiste et d’afficher des tendances culturelles banales qui représentent trop souvent une ignorance grossière ou tout au moins une absence de bonne manière.

Aujourd’hui, l’archétype du « vilain Américain » a pris « un vrai visage humain, et c’est le visage de Donald Trump ». Simplement en se basant sur ses caractéristiques personnelles, tout observateur le moindrement attentif notera que Donald Trump possède toutes les pires généralement associées au stéréotype du « vilain Américain ».

Apparaissant largement comme arrogant par sa façon prétentieuse et ostentatoire de se présenter, il est fortement détesté dans le reste du monde. Sa vantardise sur sa richesse et l’étalage de son matérialisme sont à la fois grossiers et odieux d’autant plus qu’ils apparaissent avoir été acquis de manière douteuse.

Partant d’un anti-intellectualisme vulgaire, il ne démontre pas le moindre intérêt ou respect pour la culture en général et encore moins si elle est étrangère. En conséquence, il affiche systématiquement une profonde ignorance sur le reste du monde et un esprit de clocher navrant.

Son adhésion aux stéréotypes nationalistes américains apparaît d’autant plus négativement qu’il affiche un patriotisme agaçant soutenu ouvertement par des politiques nationalistes, protectionnistes et même racistes.

Un rapport publié dans les différents médias américains démontre que, depuis qu’il est devenu président, Trump a effectué pas moins de 2000 déclarations complètement fausses. En ce sens, il correspond parfaitement à la perception d’hypocrisie du « vilain Américain ».

La dernière tirade de Trump sur les pays de « merde » est raciste parce qu’elle dénigre les immigrants non blancs provenant de pays pauvres en Afrique ou d’Haïti. Cette remarque est aussi grossière et offensante pour tous les Américains, dont les ancêtres, comme le proclame une plaque sur la statue de la Liberté, sont arrivés aux États-Unis en provenance de soi-disant « pays de déchets misérables ».

En ce sens, la dernière sortie de Trump contredit non seulement l’essence du patriotisme américain et sa longue histoire comme un pays de melting pot, mais elle sape aussi l’autorité morale des États-Unis dans le monde.

Sous la gouvernance de Donald Trump, les États-Unis sont devenus un objet de moquerie, de mépris et de manque de respect partout dans le monde. La triste vérité est que les États-Unis méritent largement cette mauvaise réputation et cette détérioration de leur image globale.

Loin de se sentir embarrassé par le développement de cette mauvaise réputation, Trump ne cesse d’en rajouter chaque jour par de nouvelles sorties intempestives, misogynes ou xénophobes. Plus le temps passe, plus Donald Trump perd toute crédibilité.

Ses voyages à l’étranger apparaissent de plus en plus comme un embarras majeur et une humiliation nationale pour les représentants américains. Les observateurs ont noté que le président américain souffre d’un déficit d’attention dans ses relations avec les leaders étrangers en plus de démontrer une profonde ignorance des sujets traités.

En regardant fonctionner Trump, tout observateur note facilement la différence d’avoir comme président américain un personnage vulgaire, ignorant, incompétent et grossier et un homme cultivé, intelligent, articulé et cosmopolite tel que Barack Obama.

Gilles Vandal est professeur émérite à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke.