Le parent pauvre

ÉDITORIAL / Le budget provincial 2020-2021, attendu pour mardi prochain, devra comporter des investissements massifs dans le transport en commun, comme le réclament depuis des années les organismes de transport, dont la Société de transport de Sherbrooke (STS), et les groupes environnementaux.

Le budget provincial 2020-2021, attendu pour mardi prochain, devra comporter des investissements massifs dans le transport en commun, comme le réclament depuis des années les organismes de transport, dont la Société de transport de Sherbrooke (STS), et les groupes environnementaux.

Car malgré les discours du gouvernement québécois pour lutter contre les changements climatiques, freiner l’étalement urbain et favoriser les modes de déplacement plus écologiques, le transport en commun demeure jusqu’ici le parent pauvre dans les investissements de l’État.

Année après année, les sociétés de transport doivent pratiquement quémander de l’argent, notamment pour leurs opérations, alors que les investissements pleuvent pour l’entretien et le développement du réseau routier québécois, encourageant de ce fait une utilisation accrue de l’automobile individuelle.

On ne peut plus se contenter de demi-mesure : le Québec a certes une Politique de mobilité durable, mais il doit se donner une vision digne du 21e siècle pour le développement des transports collectifs alors que le nombre de véhicules est en augmentation constante au Québec, tout comme les émissions de gaz à effet de serre (GES) et la congestion routière.

Et c’est urgent : le gouvernement du Québec a reconnu en décembre dernier que la cible de réduction des émissions de GES de 20 % sous le niveau de 1990, prévue pour 2020, ne serait pas atteinte.

Selon les données du ministère de l’Environnement, la diminution des émissions n’a été que de 8,7 % entre 1990 et 2017!

Le transport en commun fait pourtant partie de la solution pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de GES et endiguer la congestion routière.

Mais pour cela, il faut mettre fin à la crise du financement des sociétés de transport.

Dans ses recommandations au gouvernement Legault, l’Alliance TRANSIT fait remarquer que « l’Ontario prévoit, sur la prochaine décennie, consacrer 75 % de ses investissements transports aux transports collectifs, alors qu’au Québec il s’agit plutôt de 27 % ».

Pour changer les habitudes de déplacement il faut offrir un service rapide et efficace, élargir les plages horaires et favoriser des aménagements comme des voies réservées pour autobus.

Les villes doivent aussi freiner l’étalement urbain qui ne fait que favoriser la construction de nouvelles routes et encourager l’utilisation de la voiture solo.

Malheureusement, à ce chapitre, la plupart des administrations municipales, dont Sherbrooke, font exactement le contraire en autorisant des projets résidentiels et commerciaux en périphérie, y compris parfois dans les milieux humides, tout en affirmant que l’environnement est leur priorité.

Cela dit, la Société de transport de Sherbrooke (STS) a de grandes attentes à la veille du dépôt du budget 2020-2021 du gouvernement québécois.

L’organisme a multiplié les initiatives ces dernières années pour améliorer son service et attirer de nouveaux usagers.

En 2019, on a augmenté les heures de service et enregistré des hausses d’achalandage de 24 % sur certains circuits.

La STS, explique son président Marc Denault, mise sur le nouveau budget pour augmenter encore le niveau de service avec notamment des autobus aux 10 minutes sur certains circuits, des lignes express, des stationnements incitatifs dans les secteurs de Rock Forest et Fleurimont et une meilleure information pour les usagers.

L’organisme entend également consacrer 25 millions $ pour l’électrification de son parc d’autobus au cours des prochaines années.

« Les immobilisations sont subventionnées. Le nerf de la guerre pour la STS, ce sont des subventions pour les opérations (…); nos demandes sont pour l’ajout de service pas pour du béton », illustre Marc Denault.

À l’heure de la crise climatique, il est impératif de changer nos habitudes de déplacement : le transport en commun ne doit plus être vu comme un coût mais plutôt comme un investissement pour l’avenir.