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Denis Dufresne
La Tribune
Denis Dufresne
À Eastman, les travaux de dynamitage intensif en vue d’un projet domiciliaire de huit maisons sur le flanc sud-ouest du mont Lily-Butters ont soulevé l’ire des citoyens membres du regroupement « Imaginons Eastman ». Plusieurs se sont déplacés sur place pour constater l'ampleur des dégâts.
À Eastman, les travaux de dynamitage intensif en vue d’un projet domiciliaire de huit maisons sur le flanc sud-ouest du mont Lily-Butters ont soulevé l’ire des citoyens membres du regroupement « Imaginons Eastman ». Plusieurs se sont déplacés sur place pour constater l'ampleur des dégâts.

Le message des citoyens

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ÉDITORIAL / La multiplication des projets immobiliers en milieu rural, notamment à Bonsecours et Eastman, suscite avec raison de fortes réserves chez les citoyens inquiets de l’impact environnemental et social de cette nouvelle forme d’étalement urbain.

Cela soulève également la question du bien commun et de la protection des paysages, des notions qui semblent encore échapper à plusieurs administrations municipales qui voient dans ces projets la promesse d’importantes entrées fiscales.

La crise de la COVID-19 et l’essor du télétravail ont accentué l’attrait pour la vie en région et particulièrement en Estrie où l’intérêt est très prononcé pour les résidences à flanc de montagne et au bord des lacs.

Les chiffres de l’Association provinciale des constructeurs d’habitation du Québec (APCHQ) parlent d’eux-mêmes.

En Estrie, l’augmentation du nombre de mises en chantier dans le domaine résidentiel a été de 40 % en 2019 et de 20 % en 2020.

En 2021, l’APCHQ prévoit une hausse moindre de 9 % pour les mises en chantier, principalement en zone rurale.

Parmi les projets résidentiels prévus ou en cours en Estrie se trouvent celui de « Kyo Terra/Pic de l’Ours », un projet haut de gamme qui comporte 106 lots, au pied du mont Orford, « Le Domaine de la montagne cachée », avec 69 terrains à construire, tous deux à Eastman, ainsi que celui du « Domaine Stukely », qui soulève une vive opposition chez les citoyens de Bonsecours. 

Ce projet immobilier de 110 maisons situé près du lac Stukely et du parc national du Mont-Orford inquiète les Bonsecourois, qui craignent un impact négatif pour le lac, la faune et la flore.

Les élus de Bonsecours ont toutefois répondu aux inquiétudes des citoyens, au moins en partie.

Lundi dernier, ils ont modifié le règlement de lotissement pour réduire le nombre de terrains aptes au développement en zone rurale. De plus, une analyse de la biodiversité des lots visés par « Domaine Stukely » sera réalisée. 

Travaux de dynamitage

À Eastman, les travaux de dynamitage intensif en vue d’un projet domiciliaire de huit maisons sur le flanc sud-ouest du mont Lily-Butters ont soulevé l’ire des citoyens membres du regroupement « Imaginons Eastman ».

Bien que la municipalité affirme que ce projet respecte les normes, ces citoyens jugent que ce type de développement en montagne est une aberration tant pour la préservation du paysage que pour les risques d’érosion.

Un autre projet, la construction de quatre villas de grand luxe sur le versant est du mont Owl’s Head, dans le Canton de Potton, qualifié de « saccage environnemental » par Memphrémagog Conservation, puisqu’il a nécessité du dynamitage et la coupe d’arbres sur un terrain à fort dénivelé, constitue un exemple extrême du type de développement qui respecte sans doute la réglementation municipale mais qui n’en est pas moins très discutable.

Il faut certes se réjouir de l’arrivée de nouveaux résidents dans des communautés où la population est parfois stagnante ou augmente très peu, pourvu évidemment qu’il ne s’agisse pas uniquement de résidences secondaires.

Toutefois, l’ampleur de certains projets, qui comptent parfois plusieurs dizaines de résidences, soulève des questions sur leur impact environnemental, puisqu’ils nécessitent parfois, comme on le voit, l’ouverture de rues à flanc de montagne, souvent à coup de dynamitage, la coupe d’arbres ou encore des travaux en bordure de lacs.

Sans compter que, bien souvent, ces projets nécessitent d’importants travaux d’infrastructures qui peuvent se traduire par des hausses de taxes foncières pour les contribuables.

Il est normal et inévitable que les régions bucoliques comme l’Estrie attirent de nouveaux résidants avides de calme et de nature.

Les municipalités rurales et les petits villages doivent toutefois faire preuve de mesure pour protéger la beauté et la richesse de leur environnement s’ils ne veulent pas se transformer en banlieues.