Bernard Sévigny

Le maire de la zizanie

Au cours de la dernière campagne électorale, alors que j'étais moi-même candidat dans le district de Desranleau, j'ai effectivement constaté que les gens étaient séduits par le projet du maire Bernard Sévigny de faire disparaître des districts et du même coup, l'arrondissement de Brompton.
En période de stagnation économique, les électeurs cèdent facilement aux sirènes des économies.
Deux millions de dollars d'économisés sur le budget annuel de la Ville de Sherbrooke : c'est là une promesse des plus séduisantes. Comme Ulysse, il faudrait s'attacher solidement au mat du navire afin de ne pas se jeter à l'eau.
Pour ma part, je n'y suis pas seulement attaché, j'ai également les oreilles bouchées devant ce genre d'argument; car si je me souviens bien, nous devions faire des économies d'échelles lors des fusions en 2001. Or, nous les attendons toujours.
En lui-même, le terme «économie» employé dans ce contexte est trompeur, car il ne s'agira pas d'économies véritables, mais bien d'une simple redistribution de ressources financières.
Le maire dit vouloir cesser le gaspillage. Très bien! Mais il faudrait savoir quels conseillers ou quelles conseillères se considèrent en ce moment comme étant une source de gaspillage.
Dans l'arrondissement de Fleurimont, qui de Mme Danielle Berthold ou de M. Vincent Boutin est prêt à dire au peuple qu'il ou elle se fera hara-kiri sur l'autel des économies?
Notre arrondissement étant en pleine expansion démographique, faudra-t-il rajouter des conseillers dans dix ans? C'est là une question qui ne trouve aucune analyse dans le froid document de propagande du maire actuel.
Mais, contrairement aux opposants de ce dernier, pour un parc, pour un bout de route ou de trottoir, certains tapis indépendants qui siègent à l'hôtel de ville n'hésiteront certainement pas à se coucher devant lui.
Certes, le maire va remporter le vote, mais il aura créé la division et détruit le mince sentiment d'appartenance des gens de Brompton et de Lennoxville à la Ville de Sherbrooke.
Bien sûr, même si le spectre de la défusion est brandi comme un épouvantail à moineaux pour faire reculer M. Sévigny, nous savons tous que cela n'arrivera jamais en raison des coûts astronomiques que cela pourrait engendrer pour l'ensemble de ces anciennes municipalités.
Mais si vous lisez bien les journaux, les lettres d'opinions et si vous entendez les interventions des opposants à l'hôtel de ville, est-ce qu'ils se définissent toujours comme étant des Sherbrookois? Non! Ils sont gens de Brompton, de Lennoxville, de Rock Forest et de Deauville.
En somme, dix ans d'effort pour unir cette ville afin d'en faire un ensemble cohérent viennent d'être anéantis en moins de trois mois. À n'en pas douter, la zizanie et la division seront l'héritage de M. Sévigny
Pascal Cyr
Sherbrooke