Le huis clos ou le jeu de la cachette politique

Lors d'un procès, d'une enquête judiciaire ou d'une commission d'enquête comme la Commission Charbonneau on utilise le huis clos afin de protéger le public de certains dangers potentiels. Dans le cas de la Commission Charbonneau on l'utilise afin de découvrir la vérité et dans certains cas pour compromettre les allégations d'un témoin récalcitrant.
Le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, et les partisans du huis clos pour diriger la Ville de Sherbrooke confondent le caucus et le huis clos. Plusieurs expressions synonymes du huis clos jettent un éclairage sur son sens réel. Le maire peut utiliser le caucus ou la réunion partisane pour unifier son discours de parti ou coordonner ses actions. À la Ville, toutes les délibérations du conseil municipal ou des conseils d'arrondissement devraient se faire en public. Maintenant, on enrichit le vocabulaire en nommant un huis clos par l'expression « atelier de travail ».
Quand on utilise un huis clos sans jeu de mot, cela signifie « toutes portes fermées » ou encore « dans l'intimité, en privé », mais que veut-on cacher au public de si compromettant, de si dérangeant, de si gênant? Pourquoi juge-t-on que le public est incapable de comprendre? Par peur que les gens découvrent quelles sont les personnes qu'ils ont élues réellement pour les représenter. A-t-on peur que les gens découvrent que certains ont deux discours : un avant les élections et un autre après? Dans certains cas, on découvrirait que le discours ne reflète pas la vraie pensée de celui qui parle. Les citoyens sont-ils moins capables de comprendre un rapport de fonctionnaire ou de spécialiste? Sont-ils moins intelligents que nos élus? Manquent-ils davantage de jugement? La réponse à ces trois questions est non! Ça c'est clair et transparent.
Toutes les réunions du conseil municipal et des arrondissements devraient se faire en présence des journalistes et du public. Elles devraient même être entièrement télévisées afin que les citoyens qui ne peuvent se déplacer à tel moment enregistrent les débats et découvrent le vrai sens des politiques. Ainsi la présence du public protégerait les citoyens des jeux de coulisses ou de certaines manigances qui sont contraires à l'intérêt des contribuables. Les pots-de-vin circulent en catimini ou à huis clos non en public.
Les partisans du huis clos ou des ateliers de travail sont de réels opposants à la vérité et à la transparence. La « cachette » est un jeu pour enfants. Mais il est vrai que montrer sa vraie personnalité ou son vrai visage en public peut être gênant pour certains. Les citoyens sont capables de distinguer le bon jugement d'un individu et cette qualité a autant de valeur que celui qui est un bon orateur. Souvent le jugement est plus important que les belles paroles.
Jacques Vigneault
Sherbrooke