Le financement des ressources résidentielles d'accueil

Beaucoup de discussions occupent l'espace public ces derniers temps au sujet de la situation dans les Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).
On fait grand état des listes d'attente pour une place en centre d'hébergement. Mais il n'y a pas que les CHSLD. Il y a aussi les ressources résidentielles d'accueil. Il s'agit non seulement d'une alternative, mais d'un choix de premier ordre pour les familles. Des gens de coeur hébergent leur proche au sein d'une vraie cellule familiale. De toute évidence, ce choix est méconnu dans notre société.
Les ressources membres du Regroupement des ressources résidentielles adultes du Québec (RESSAQ) procurent un milieu de vie adapté aux besoins des personnes. Elles leur dispensent des services de soutien ou d'assistance requis par leur condition en hébergeant ces êtres humains à domicile. Cette véritable vocation permet notamment la désinstitutionnalisation de plusieurs personnes âgées ou vivant avec un handicap intellectuel.
Bien entendu, nous faisons également face à de nombreuses restrictions budgétaires. La différence, c'est que nous cohabitons avec ces personnes. Avec le temps, ils font partie de notre famille. Même si nos budgets sont plus serrés, jamais nous ne négligeons leur repas, jamais nous ne réduisons la fréquence des bains.
Souvent, lorsque des usagers sont « placés » en CHSLD, ces personnes perdent non seulement leurs repères, mais les coûts défrayés par l'État sont 5 fois plus élevés qu'en milieu résidentiel. Vivre en résidence d'accueil, c'est un accompagnement de tous les instants, pas de quarts de travail de 8 h à 17 h. Nous aidons des gens à redonner un sens à leur vie, à tisser des liens sociaux et affectifs ou à terminer leur vie dans la sérénité. Alors, lorsque le financement envers les CHSLD est discuté, ne nous oubliez pas.
Réjean Simoneau, président du Regroupement des ressources résidentielles adultes du Québec (RESSAQ)