Le choc

Éditorial / Les ambulanciers paramédicaux effectuent un travail combien essentiel. En situation d'urgence, ils battront des records de cent mètres afin de porter secours aux victimes d'accident ou aux malades. Ils prodigueront aussi les premiers soins de manière à évacuer les blessés vers les soins hospitaliers.
Ce dévouement exemplaire les expose malheureusement à des situations de stress à répétition susceptibles d'hypothéquer leur propre santé mentale à la longue. Leur demande de bénéficier d'un encadrement pour traiter les chocs post-traumatiques apparaît ainsi des plus justifiée. Il est même étonnant qu'ils n'en profitent pas déjà.
La Tribune publiait samedi une série de textes sur la question. Cet aspect de leur travail a été dévoilé par la plume de Marie-Christine Bouchard. Précisons immédiatement que l'initiative de ce reportage revient à la journaliste qui a été intriguée par cette revendication syndicale. Le syndicat qui représente ces ambulanciers paramédicaux, en grève depuis février dernier, ne l'a pas sollicitée, mais a facilité sa réalisation.
Ceci étant dit, le document nous fournit entre autres l'exemple de François qui s'est retrouvé en situation de détresse après avoir secouru un bébé. Le nourrisson n'a pas survécu. Tous ceux qui, de près ou de loin, ont vécu ce genre de situation vous confirmeront que les drames où des enfants sont impliqués viennent vous chercher au plus profond.
Bien souvent témoins de ces catastrophes, les journalistes ont d'ailleurs eux-mêmes l'occasion de ressentir ce genre d'émotions fortes. Leur assurance sur papier, devant la caméra ou derrière un micro cache une tout autre réalité. Ils sont touchés au coeur et conserveront à jamais ces images à l'intérieur d'eux. Même les plus durs en apparence plieront les genoux et verseront des larmes en serrant leurs proches dans leurs bras au retour à la maison.
Sur le front de la misère et des catastrophes humaines, les ambulanciers interviennent sans relâche. La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité au travail ne leur reconnaît pas le choc post-traumatique. À son avis, ces travailleurs ont reçu la formation nécessaire pour composer avec ce genre de conditions. Non, formation ou pas, personne n'a la cuirasse assez épaisse pour demeurer insensible lorsqu'une famille ou quelqu'un risque de perdre ce qu'il a de plus précieux, la vie.
Policiers et pompiers interviennent également lors de désastres. Ils ont heureusement des ressources à leur disposition pour évacuer leur trop-plein d'émotions. De retour à la caserne, ils ont aussi l'occasion de discuter entre eux et d'échanger avec l'aide d'un psychologue au besoin. Isolées l'une de l'autre, les équipes d'ambulanciers n'ont pas la chance de profiter de cet encadrement.
Reconnaître le choc post-traumatique chez les ambulanciers paramédicaux apparaît donc comme une revendication justifiée. Il est même quasiment choquant d'apprendre qu'ils doivent inclure cette demande dans leur négociation d'une nouvelle convention collective. Ils effectuent un travail admirable et méritent toute notre considération. Merci.
Chapeau
La jeune merveille du tennis canadien, Denis Shapovalov, a épaté la galerie en fin de semaine dernière à la Coupe Rogers. Le gamin de 18 ans a défait l'as espagnol, Raphaël Nadal, son héros d'enfance. Même Wayne Gretzky était pantois d'admiration. Sans complexe, Shapovalev a multiplié les coups époustouflants et imposé son rythme en se portant constamment à l'attaque. Il est devenu le plus jeune athlète à participer à une demi-finale du circuit professionnel.
Nul doute que cette vedette montante, avec une languette de casquette trop longue et son lancer de balle de service entre les jambes, est promise à une brillante carrière.