Le 22 avril - Jour de la Terre

ANALYSE / Le 22 avril est le Jour de la Terre. L’idée directrice cette année est « On porte tous un peu le chapeau ». Chaque citoyen est encouragé personnellement et collectivement à reconnaitre sa responsabilité et à passer à l’action.

Mais avons-nous besoin de passer à l’action? Pourquoi nos gouvernements, les entreprises, les organismes de toutes sortes ne parviennent-ils pas à prendre soin de notre chère Terre? Pourquoi encore toute cette pollution, ce gaspillage? Pourquoi parler encore de changements climatiques? Simplement parce que nous faisons tous partie du problème et surtout, que nous faisons tous partie de la solution.

Nous ne pouvons espérer que la situation de notre chère Terre s’améliore par l’action des autres. Nous devons collaborer et ainsi influencer le cours des choses pour notre avenir et celle des générations futures. Des solutions de toutes sortes existent, mais comme le changement demande un effort, il faut une profonde volonté partagée pour s’engager et passer à l’action individuellement et collectivement.

Le dossier prioritaire pour notre planète demeure les changements climatiques. L’Organisation météorologique mondiale confirme que les années 2015, 2016 et 2017 sont les trois années les plus chaudes jamais enregistrées, ce qui démontre la tendance au réchauffement climatique dû à l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre (GES) générés par les activités humaines.

Les données de la Banque mondiale indiquent qu’un résident du Québec génère en moyenne l’équivalent de la quantité de gaz à effet de serre que génère un résident de la Chine. Pourtant, ce pays produit son électricité principalement en brûlant du charbon ce qui émet beaucoup de gaz à effet de serre et utilise cette énergie en partie pour générer des biens de toutes sortes qui sont exportés vers d’autres pays. L’hydroélectricité dont nous tirons principalement notre énergie au Québec présente un avantage gigantesque en ce qui concerne la réduction de gaz à effet de serre en comparaison avec les autres pays. Mais nous générons tout de même en comparaison de grandes quantités de gaz à effet de serre. Un bilan du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec indique que le transport routier représente à lui seul 33 % des émissions totales de GES.

D’une part, le gouvernement du Québec a mis en place le programme Roulez vert pour faciliter l’acquisition de véhicules électriques. Aussi, depuis le 11 janvier 2018, la loi zéro émission oblige les constructeurs à vendre un nombre minimal de véhicules électriques. Au 31 décembre 2017, ce sont 21 812 véhicules électriques et hybrides rechargeables qui étaient immatriculés au Québec selon l’Association des véhicules électriques du Québec. L’objectif du gouvernement est d’accroitre ce nombre à 100 000 en 2020.

D’autre part, Protégez-Vous a publié le bilan des ventes de véhicules neufs en 2017. Fait inquiétant, ce sont les véhicules utilitaires sport (VUS) qui ont connu la plus grande progression des ventes. Ils représentent près de 40 % des ventes de véhicules neufs (181 000 véhicules), alors que les ventes de véhicules sous-compacts ont régressé ne représentant plus que 6 % des véhicules neufs vendus en 2017.

Il est désolant d’observer ces données. Ceci montre que les actions des citoyens font une différence. Pourquoi ces choix de consommation malgré toutes les connaissances que nous avons sur l’état de notre chère Terre? La réduction de nos émissions de gaz à effet de serre au Québec passe très certainement par nos choix individuels quant à notre mode de transport. Chaque matin, nous observons un nombre grandissant de véhicules sur nos routes, une plus grande proportion de VUS, mais heureusement nous observons aussi un grand nombre de citoyens qui optent pour une mobilité durable.

Comme le rappelle Pierre Rabhi, ce paysan, écrivain et penseur à la défense d’une société respectueuse des êtres vivants et de la Terre, « La planète Terre est à ce jour la seule oasis de vie que nous connaissons au sein d’un immense désert sidéral. En prendre soin, respecter son intégrité physique et biologique, tirer parti de ses ressources avec modération, y instaurer la paix et la solidarité entre les humains, dans le respect de toute forme de vie, est le projet le plus réaliste, le plus magnifique qui soit. » Particulièrement en ce Jour de la Terre, repensons nos actions et portons avec bienveillance le chapeau de l’artisan humaniste écoresponsable.

Lucie Laramée est spécialiste en environnement.