Dominique Alain, victime d’une attaque de chiens le 29 mars 2019

Laxisme du règlement encadrant les chiens dangereux

La récente décision par le ministère de la Famille du Québec de ne pas retenir la plainte déposée contre Mme Jane Howell, propriétaire d’un service de garde en milieu familial, à Orford, est surprenante, mais somme toute, en parfaite harmonie avec la direction du gouvernement Legault de ne pas établir de règlement national sur l’encadrement des chiens dangereux.

Rappelons brièvement que dans cette histoire de novembre 2019, un bambin sous la garde de Mme Howell se fait mordre au visage alors qu’il est laissé sans supervision avec le chien. Les parents ne sont avertis que plus tard lorsqu’ils viennent rechercher leur enfant de quatre ans. Une plainte est déposée et une enquête ouverte. La propriétaire du service de garde décide de modifier le statut de sa garderie « subventionnée » pour devenir « privée » et ainsi rester ouverte. Le chien est évalué par la SPA de l’Estrie qui le juge non dangereux. Il est donc retourné à la propriétaire. Dossier confidentiel par la SPA. 

Sur les entre-faits, le ministre de la Famille Mathieu Lacombe juge les normes s’appliquant aux services de garde non subventionnés laxistes, et se propose d’y apporter des modifications législatives. Le députe d’Orford Gilles Bélanger insiste sur la priorité de la sécurité des enfants.

Décembre 2019, une inspection est faite par Québec qui constate que Mme Howell ne respecte pas les normes qui avaient été établies, mais, malgré cela, le ministère de la Famille, ne voulant pas perturber la garderie, permet à celle-ci de rester ouverte. Alexandre Noël, du ministère de la Famille : « … on ne veut pas causer de rupture de service… » Le chien est réévalué par la SPA, qui encore une fois le juge non dangereux, mais par contre fixe des conditions pour encadrer le chien.

Hier on apprend que le ministère de la Famille rejette la plainte, donc tout va bon train pour le service de garde de Mme Howell.

Quelle est la similitude entre cette histoire et ce qui m’est arrivé? La naïveté de penser que cela n’arrive qu’aux autres. Six enfants sont déposés le matin par des parents démunis par le manque de choix de garderie, espérant que leurs enfants ne se fassent pas mordre au visage par un des chiens de Mme Howell, et oui elle en a plus qu’un! Le risque zéro n’existe pas comme le disait la ministre Geneviève Guilbault.

La différence entre cette histoire et celle que j’ai vécue? La connaissance du risque et la gestion du risque. J’aurais très bien pu choisir d’aller faire du jogging, le 29 mars dernier, ailleurs que sur le chemin de l’Aéroport, mais je ne connaissais pas la dangerosité des trois chiens qui m’ont attaquée, sinon évidemment j’aurais choisi un autre chemin. 

Tout comme le chien de Mme Howell, ces trois chiens avaient déjà mordu, et plusieurs plaintes avaient été faites à la Municipalité. Aucune intervention n’avait été faite. Les parents du bambin s’étaient aussi plaints plusieurs fois. Mon histoire et celle du bambin de la garderie auraient-elles pu être évitées? Oui! Le lendemain de mon attaque, les trois chiens étaient libres, barrière ouverte et sans supervision. Un autre jogger aurait pu être attaqué. Les officiers de la SPA de l’Estrie se sont présentés sur les lieux du drame trois jours après mon attaque pour saisir les trois chiens. Une évaluation a été faite… 

La similitude entre l’histoire de ces parents et la mienne démontre notre vulnérabilité face au manque de règlements encadrant les chiens dangereux et la non-responsabilité des instances gouvernementales.

La décision de rejeter la plainte par le ministère de la Famille du Québec est de très mauvais augure. Si le ministère de la Famille n’a pas le leadership d’établir des règles bien strictes pour assurer la sécurité des enfants en garderie, qu’en sera-t-il des municipalités qui vont devoir appliquer prochainement le nouveau règlement encadrant les chiens dangereux et assurer la sécurité de leurs citoyens. Cela est certainement un bien mauvais exemple de ce gouvernement. 

Dominique Alain

Victime d’une attaque de chiens le 29 mars 2019