L'activité physique, on y croit!

POINT DE VUE / Les saines habitudes de vie, que ce soit sur les plans de l’alimentation, du sommeil, de l’hydratation, de l’arrêt tabagique et de l’activité physique, constituent un gage de santé. Si l’on parle plus particulièrement d’activité physique, il est extrêmement facile de trouver une excuse pour reporter notre engagement à demain. Pourtant, on devrait l’intégrer à notre quotidien, même à un degré léger, car il n’existe pas meilleur investissement pour sa santé.

Dès son admission en médecine, le médecin rêve de sauver des vies, de traiter, d’aider et d’accompagner les patients dans leur maladie. Il doit évidemment penser au traitement médical, chirurgical ou médicamenteux conforme aux données probantes. Mais les données probantes existent aussi pour l’activité physique et elles sont limpides : l’exercice n’a pas seulement un effet en prévention, mais aussi sur l’évolution de plusieurs maladies chroniques. En voici quelques exemples frappants.  

Les bienfaits de l’activité physique sur l’obésité sont très clairs. Le maintien d’un poids santé et d’un tour de taille inférieur à 80 cm chez la femme et à 90 cm chez l’homme aide à prévenir plusieurs maladies chroniques, comme le diabète, les maladies cardiovasculaires et l’hypertension artérielle. La pratique régulière d’activité physique pourrait même renverser ces maladies.

Maintenant parlons d’arthrose ou encore d’usure des articulations. Tout le monde en serait possiblement atteint à des degrés divers à l’âge de 60 ans. Les patients inactifs auront toutefois plus de symptômes, et leur maladie progressera plus rapidement. Par ailleurs, l’ostéoporose souvent fréquente chez la femme ménopausée augmente le risque de fracture. Ici aussi, l’activité physique vient à la rescousse. Elle aide à prévenir l’ostéoporose, les troubles d’équilibre et les chutes, donc les fractures.

L’activité physique est également très efficace pour réduire le stress, l’anxiété et la dépression. Chez beaucoup de personnes souffrant de dépression légère à modérée, l’activité physique représenterait d’ailleurs un traitement souvent aussi efficace que les médicaments. Assez impressionnant compte tenu de la panoplie de traitements disponibles, n’est-ce pas? 

Et qui n’a pas peur du cancer? Après tout, le cancer et les maladies cardiovasculaires combinées sont les principales causes de décès prématurés dans le monde. Or, il est prouvé qu’être physiquement actif a un effet protecteur, notamment contre les cancers du sein, de l’endomètre, du côlon et de la prostate. Ces cancers seraient donc moins fréquents chez les gens actifs physiquement. De plus, quand les patients atteints d’un de ces types de cancers demeurent actifs, leurs chances de guérison sont meilleures, tout comme l’évolution de la maladie. 

Et la même logique s’applique aux problèmes respiratoires, comme l’asthme ou la maladie pulmonaire obstructive chronique, deux maladies dont l’évolution est influencée positivement par la pratique de l’activité physique.

Il est dans notre intérêt à tous d’intégrer l’activité physique et les saines habitudes de vie à notre quotidien. Il ne faut jamais perdre de vue que l’activité physique est souvent aussi efficace que certains traitements médicaux, sans les effets négatifs. Voilà pourquoi nous vous invitons tous à venir marcher les 18, 19 et 20 octobre prochains à l’une des 100 grandes Marches du Grand Défi Pierre Lavoie prescrit par les médecins de famille. Parce que la santé par l’activité physique, on y croit!

Dr Alain Demers
Médecin de famille, Sherbrooke
et 19 autres médecins de famille de partout au Québec