L'Action : source d’espoir à l’aube de cette nouvelle décennie

POINT DE VUE / La semaine dernière, la COP25 prenait fin sur des résultats décevants mettant en lumière des intérêts divergents. D’un côté, certains se sentent menacés par la fin incontournable de l’utilisation des combustibles fossiles et d’un autre côté, des États insulaires craignent de disparaitre sous la montée du niveau des océans. Cette semaine, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec publiait l’Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2017, rapport qui met en lumière des observations déconcertantes. Des actions doivent être prises pour faire place à l’espoir de limiter les répercussions des changements climatiques.

L’urgence climatique est clamée sous bien des tribunes. L’année 2019 a même vu cette jeune déterminée Greta Thunberg devenir personnalité de l’année du magazine Time. Nous osons penser que des actions concrètes sont prises afin d’assurer un futur serein pour les générations qui nous suivent. Nous osons penser, ou espérer, que tous agissent de manière que les humains cessent d’émettre dans l’atmosphère encore plus de GES chaque jour.

En fait, selon le bilan annuel du Global Carbon Project, les émissions de CO2 en 2019 augmenteront d’environ 0,6 %. Cette augmentation s’observe principalement en raison d’une plus grande utilisation du gaz naturel et du pétrole ainsi que par la disparition de forêts en faveur de cultures agricoles. Les émissions de GES ne diminuent pas, elles augmentent.

Le taux d’émissions de GES au Québec publié dans l’inventaire de 2017 est de 76,84 Mt éq. CO2 (millions de tonnes en équivalent dioxyde de carbone). Les émissions des activités incluses dans ce bilan ont diminué de 8,7 % en comparaison avec le taux d’émissions de 1990, année de référence. Cette réduction est loin de l’objectif que le Québec s’était donné en 2012 dans son Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques qui était de réduire nos émissions de GES d’ici 2020 de 20 % sous le niveau de 1990. En fait, le taux d’émission de CO2 au Québec a augmenté ces quatre dernières années au lieu de diminuer.

Comment se fait-il que notre bilan ne s’améliore pas? Au Québec, 34,5 % des GES sont émis par le secteur du transport routier. Les émissions de GES provenant des automobiles ont diminué depuis 1990 alors qu’elles ont grandement augmenté en ce qui concerne les camions légers (fourgonnettes, camionnettes et véhicules utilitaires sport). En fait, le Québec comptait environ 600 000 camions légers en 1990 et près de 2 250 000 en 2017. En cette période d’urgence climatique, il est surprenant d’observer tant de personnes opter pour ce type de véhicules majoritairement très énergivores. Heureusement que le nombre de véhicules électriques croît.

Un autre élément est très préoccupant. Le bilan des émissions de GES du Québec est basé sur les consignes du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui stipulent que les émissions de GES du transport aérien compilées n’incluent pas les émissions produites par le transport aérien international. Dans les faits, le relevé de l’Aéroport de Montréal montre que le nombre de passagers embarqués/débarqués pour des vols internationaux est en hausse. Il a augmenté de 25 % entre 2016 et 2018. En fait, un vol aller-retour Montréal – Paris émet environ 1,7 téq. CO2 par passager, ce qui représente environ l’émission moyenne de GES que génère le transport d’un Québécois en automobile sur une année.

Nos choix ont un impact important sur les GES émis dans l’atmosphère et les dérèglements que nous observons, mais aussi, ils démontrent à nos gouvernements l’importance que nous portons à ces enjeux cruciaux. Nous possédons l’intelligence d’améliorer notre bilan des émissions de GES et la bienveillance requise pour accepter et mettre en place les changements nécessaires. Nous sommes de plus en plus nombreux à changer maintenant, à décider de ne plus voyager en avion, à mieux planifier nos transports terrestres, à privilégier l’achat de biens durables et écologiques, à composter tout ce qui est compostable, à réduire notre consommation de viande, à tendre vers l’objectif du zéro déchet, à nous enchanter de la nature qui nous entoure et nous incite à en prendre soin… Nos actions à chacun d’entre nous aujourd’hui définissent le futur des générations qui nous succèdent. Les jeunes nous demandent de protéger leur futur, de prendre conscience dès maintenant de cette responsabilité. L’année 2020 sera certainement l’année de la mise en place d’actions individuelles et collectives porteuses d’espoir.

Lucie Laramée
Spécialiste en environnement, Bienveillance Nature