Yves Francoeur, president de la Fraternité des policiers et policières de Montréal

L'accusateur public

Depuis quelques années, il suffit de lancer des accusations à tort et à travers pour ruiner la vie de quelqu'un. Cette fois, c'est Jean-Marc Fournier, leader parlementaire du gouvernement Couillard, qui en est la victime.
Avec des ouïes-dire comme seuls soutiens de ses allégations, le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, pour des motifs syndicaux, vient de vouer un homme aux gémonies. Et, cette semaine, les loups de l'Assemblée nationale se jetteront sur lui comme sur un animal blessé. Pour eux, il s'agit du jeu politique. Mais ne comprennent-ils pas qu'un jour, s'ils ont le bonheur d'accéder à la fonction suprême, ils risquent à leur tour d'être les victimes de leurs propres procédés? Ne comprennent-ils pas qu'en pointant du doigt M. Fournier, en lui demandant de démissionner, ils vont faire brèche dans ce principe fondamental qu'est la présomption d'innocence? On se croirait revenu au temps de la Révolution française, plus précisément au temps de la Terreur. Une époque où, par une simple dénonciation calomnieuse, on pouvait envoyer un rival cracher sa tête dans le panier de la guillotine. Aujourd'hui, on ne tranche plus les têtes sur les places publiques, on exécute civilement les gens en première page des journaux.
Mais si M. Francoeur n'a rien de Fouquier-Tinville, cet homme qui a envoyé des milliers de gens à la mort pendant la Terreur, il n'en demeure pas moins un accusateur public, plus précisément un homme qui accuse les autres sans preuve. Et le plus sidérant, c'est qu'il arrive à croire qu'il est dans son bon droit, qu'il fait oeuvre de justice. La preuve, il s'est qualifié lui-même de « lanceur d'alerte. » Quelle triste blague et surtout, quelle insulte pour les vrais lanceurs d'alerte! Bien entendu, à la lecture de ce texte, certains diront que je défends des libéraux, que je suis moi-même un libéral. Or, je suis souverainiste et je ne peux accepter que nos principes de justice soient remplacés par la calomnie. Je ne peux admettre que celle-ci ait force de loi dans les médias et chez certains corps policiers qui lui prêtent foi.
Pascal Cyr, Sherbrooke