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Mélissa Viau
Le Quotidien
Mélissa Viau
Le 31 mai 2021, je faisais l’achat d’un Ford Travelaire 1989 de 28 pieds.
Le 31 mai 2021, je faisais l’achat d’un Ford Travelaire 1989 de 28 pieds.

La surenchère des vieux motorisés

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CHRONIQUE / Pour savourer mon été 2021, j’ai troqué mon Can-Am Spyder 2017 contre un motorisé 1989, et ce, pour une fraction du prix de ma moto à trois roues.

C’est le deuxième motorisé que j’acquiers. En 2013, je réalisais un de mes rêves en achetant un Sprinter Itasca Navion 2006. Découragée par les entretiens et les réparations, je l’ai vendu quatre ans plus tard, sans trop perdre au change.

Il faut croire qu’on oublie, puisque je viens de replonger dans un projet nécessitant encore plus de travail.

Dernièrement, j’ai fait l’achat d’un Ford Travelaire 1989 de 28 pieds. Il possède un moteur Ford 460 dans un châssis d’Econoline 350. Dans son habitacle, tout est fonctionnel et comprend une douche, une toilette, une cuisine complète et une chambre fermée.

Pendant mes recherches, je n’étais pas la seule à courir après ces perles rares des années 80. Sur les sites de petites annonces, les vieux motorisés sont en demande. Dès qu’un annonceur en affiche un, les acheteurs potentiels se ruent, allant jusqu’à offrir un montant supérieur à celui affiché. Il faut compter quelques minutes pour voir les ventes se conclure, même à distance. Les acheteurs ont tous les mêmes points en commun : ils rêvent de rouler, faire du télétravail partout, voir du monde et se sentir libres.

L’impeccable habitacle de mon VR comprend une douche, une toilette, une cuisine complète et une chambre fermée. Et c’est parfait quand on voyage avec des chiens !

Lors de mes recherches, j’ai aussi fait le triste constat d’un monde atrocement négligé. Les motorisés dans un état pitoyable, qui coulent d’huile, avec en prime des infiltrations d’eau, sont courants. Certains saisissent même l’occasion de cette surenchère pour vendre des véhicules récréatifs (VR) bons pour la ferraille.

J’ai finalement trouvé une machine qui avait été chouchoutée par un couple pendant 20 ans. Le véhicule brillait de l’extérieur jusqu’à l’intérieur, en passant par le moteur. Un bijou. Un vrai de vrai survivant chaussé sur six pneus neufs de première qualité. Il avait courageusement traversé le Canada, en passant par les États-Unis. Ses propriétaires avaient développé un fort sentiment d’appartenance à leur bolide qu’ils nommaient affectueusement d’un petit nom doux. Je n’avais encore jamais pris connaissance de cet attachement que peuvent avoir les gens envers des machines.

J’aurais aimé finir mon histoire ici et vous écrire ce mot quelque part sur les îles Moukmouk, mais ce n’est pas le cas. Mon beau motorisé est toujours stationné dans ma cour, avec le capot ouvert. Le livreur de pièces d’auto n’en finit plus de venir me porter mes commandes.

Surprises

Même si, en apparence, mon VR est dans un état impeccable, son cœur encaisse quelques négligences mécaniques involontaires. Loin de douter de l’honnêteté des anciens propriétaires, je suis convaincue que ces personnes avaient une confiance absolue envers leur mécano, à qui ils versaient plusieurs milliers de dollars par année pour l’entretien de leur précieux motorisé.

Derrière le volant de mon Ford Travelaire, mon ferré mécano se replonge dans les souvenirs de son premier camion tout en procédant au diagnostic de mon acquisition. Malgré les 25 degrés à l’extérieur, la chaufferette est au maximum pour donner une chance au moteur de baisser sa température. Système d’échappement et radiateur bouché, filtres encrassés, bougies usées, bref, ce VR était prêt à rendre l’âme si on ne prenait pas sa mécanique en main.

Derrière ses 165 000 km et ses entretiens négligés involontairement, un entretien urgeait.

Après avoir diagnostiqué les problèmes, on a démanché les pièces, on a fouillé pour les acheter, on a remis les pièces neuves en place et on se prépare maintenant à faire fonctionner le tout. Certaines pièces, dont le radiateur, ont demandé plus de recherche. Des spécialistes en radiateurs me proposaient de le restaurer pour la somme de 750$, un prix abusif selon un autre vendeur de pièces automobiles. Après quelques recherches infructueuses à me river le nez à un radiateur discontinué, c’est dans un très réputé commerce de Saguenay que j’ai enfin trouvé un radiateur flambant neuf pour le même prix que la restauration.

Un VR vintage, c’est cool sur les réseaux sociaux quand il est photographié dans un décor paradisiaque, mais pour en arriver là, il faut beaucoup de connaissances en mécanique et un coffre à outils fort équipé si on ne veut pas se ruiner ou vivre des scènes cauchemardesques! D’ailleurs, jamais je ne me serais embarquée dans cette aventure sans avoir un chum mécanicien et sans avoir prévu un budget pour le remettre à l’état neuf.