La SPCA de Montréal et les rodéos

À la suite d’un rapport préparé par un certain Jean-Jacques Kona-Boun, le 26 avril dernier, la SPCA de Montréal a fait une demande aux 17 commanditaires du rodéo de Saint-Tite afin qu’ils cessent de soutenir l’événement. Ayoye!

Personne ne peut mettre en doute la noble mission de la SPCA de prendre en charge les animaux laissés-pour-compte. Mais de là à vouloir casser les jambes au plus gros rodéo du Québec... Il y a risque d’erreur, étant donné le peu de compétence de la direction générale de l’organisme, dont l’expérience avec les bêtes se limite à garder des animaux en cage, ainsi qu’à posséder un ou deux chiens ou chats à la maison.

Non, personne ne peut mettre en doute que les animaux ont des émotions. Tout comme les humains, mais à divers degrés. Et, comme les humains, les bêtes vivant en groupe, comme à l’état sauvage, doivent se battre entre elles pour faire leur place dans leur propre monde. Parmi toutes, certaines bêtes possèdent force et fierté les faisant sortir du lot. Comme des athlètes de haut niveau, elles ont le physique et le caractère. On dirait qu’elles ont été créées pour ça, comme dit l’expression. Que ce soit dans les courses de chevaux, de chiens à traîneaux, dans de simples expositions, ainsi que dans les rodéos.

La SPCA mentionne que les épreuves de rodéo exploitent les bêtes, sans leur consentement, en leur infligeant des douleurs physiques et psychologiques, tout en les exposant à des risques de blessures. Ce qui voudrait dire, par comparaison, que les sports pratiqués par nos enfants comme le hockey, le baseball, le football, le soccer, pour n’en nommer que quelques-uns, mettent en danger la santé physique et mentale de nos enfants.

Oui, si l’on prend comme exemple la SPCA qui ne filmerait que l’enfant se tordant de douleur à cause d’un os brisé ou l’autre qui pleure dans son casque. Et non, si l’on se fie aux propos de tous les spécialistes en la matière affirmant que les sports amènent les enfants et les adultes à se surpasser.

Tout compte fait, l’on ne peut qu’encourager la SPCA à poursuivre sa mission de venir en aide aux animaux en détresse et de dénoncer les abus.

Mais il serait sage d’encourager son personnel à faire des stages prolongés dans de quelconques élevages afin d’agrandir leur champ de connaissances sur la vie des animaux en général, au lieu de chercher à détruire les rodéos du Québec et d’ailleurs. Détruire aussi l’essence même de ces bêtes championnes possédant cette force, cette endurance et cette résilience ayant jadis servi à coloniser notre province, notre pays.

Jean-Pierre Patry
Simple éleveur de bétail
Weedon