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La sécurité des femmes vaut plus qu’un sondage Facebook

Point de vue
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La Tribune
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Le Manifeste pour la sécurité des femmes a été déposé à la séance du Conseil municipal le 15 mars. C’est une démarche citoyenne endossée par 1102 signataires. Elle se base sur des témoignages de femmes ayant vécu harcèlement, agression, intimidation, séquestration et plus dans les rues au cours de la dernière année. Le manifeste est l’initiative d’une de ces femmes.

La réponse de Danielle Berthold, conseillère et présidente du comité de sécurité publique, est décevante et démontre à quel point les enjeux liés à la sécurité des femmes (et aux enjeux d’égalité entre les genres) sont banalisés au niveau municipal. 

Mme Berthold semble s’étonner que 80 % des répondant.es mentionnent ne pas avoir dénoncé au SPS ce qu’illes ont vécu. Rappelons à Mme Berthold que, selon les dernières données, seulement 5 % des victimes de crimes sexuels portent plainte.

Parce qu’elles se sentent coupables;

Parce qu’elles ont peur de leur agresseur;

Parce qu’elles pensent qu’elles ne seront pas entendues;

Parce que les démarches sont longues et demandent de l’énergie;

Parce que la justice n’est pas assez efficace;

Parce qu’elles ne font pas confiance à la police;

Il y a 1000 raisons pour lesquelles les victimes ne dénoncent pas, et c’est valide.

Pour répondre à un problème systémique, il faut des solutions systémiques! Assez de voir les violences comme des problèmes individuels pour lesquels la solution repose encore sur les épaules des femmes!

Le temps presse. Les violences envers les femmes ont augmenté en flèche depuis le début de la pandémie. Il y a eu cinq féminicides dans le dernier mois au Québec. Que fait Sherbrooke? Elle attend les résultats d’un sondage.

C’est insuffisant. Un sondage sur Internet, ne permettant pas aux personnes d’identifier leur genre, si elles font partie d’une minorité visible, en situation de handicap, etc. et ne laissant aucune place à des commentaires, n’est définitivement pas une réponse acceptable à un problème systémique comme les violences envers les femmes dans nos rues. Il est question de la sécurité des femmes. Comment mettre en place des mesures qui répondent à nos besoins si des données relatives au genre des personnes répondantes ne sont pas recueillies, si nous disposons de seulement quelques jours pour répondre au sondage et si, par pur hasard, nous avons été informées de l’existence de celui-ci?

Une vraie consultation publique, ça ne vous tente pas?

Il faut faire plus. Il y a beaucoup plus de ressources que le SPS pour enrayer les violences envers les femmes. Consultons et écoutons les groupes qui travaillent directement avec les survivantes, celles qui ont une expertise.

La Ville de Sherbrooke a une Politique de consultation citoyenne. Il y a un sous-comité Femmes, au sein du comité de développement social et communautaire. Faisons-y appel.

Pourquoi ce n’est pas déjà fait? Pourquoi ne pas prendre le temps d’y réfléchir collectivement et lancer une grande consultation des femmes et des personnes vivant à la croisée des oppressions?

Je demande une consultation complète sur la sécurité des Sherbrookoises, en collaboration avec les organismes et les citoyennes. Que le conseil municipal agisse maintenant afin de garantir une réelle sécurité pour toutes et tous au sein de la Ville de Sherbrooke.

Faisons de la sécurité des femmes un enjeu urgent et collectif!

Les membres de la collective La Bande Féministe