Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, en conférence de presse, lundi

La «p’tite fille de Windsor»

CHRONIQUE / Ainsi donc, c’est Manon Massé qui représentera Québec solidaire au débat des chefs pendant la campagne électorale. Malgré toute la générosité affichée par Gabriel Nadeau-Dubois en faisant cette annonce, ce n’est pas une surprise. Il aurait été impensable que Nadeau-Dubois s’arroge ce rôle après une si courte période en politique, dans un parti qui insiste tellement sur la place des femmes dans notre société.

«La p’tite fille de Windsor va brasser la cage», a promis Mme Massé. On la croit volontiers, parce qu’elle a démontré une grande connaissance de ses dossiers depuis qu’elle est en politique. De plus, ses trois adversaires masculins seront bien obligés de se montrer respectueux face à la seule participation féminine à ces échanges. Manon Massé n’est pas Françoise David que tout le monde aimait sur la colline parlementaire. Mais elle s’est gagné le respect de ses collègues, ce qui annonce une participation crédible au débat des chefs.

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CHICANE AU BLOC

La révolte au sein du Bloc québécois contre Martine Ouellet n’est pas une grande surprise non plus. La «petite mutinerie» de juin dernier avait déjà permis de constater que la greffe de Mme Ouellet avec les bloquistes n’avait pas pris. Le semblant de ralliement des mutins n’avait convaincu personne. La grande mutinerie en cours démontre que Martine Ouellet n’a pas gagné l’amitié et le respect de ses collègues. La véritable question sur cette affaire n’est pas la querelle en cours. C’est plutôt la raison pour laquelle les bloquistes ont couronné Mme Ouellet en mars dernier, après avoir conclu que personne ne serait en mesure de lui faire la lutte dans une véritable course à la direction. Ne savaient-ils pas, à l’époque, que Martine Ouellet, malgré sa passion et ses convictions souverainistes n’était pas facile à vivre? Mais peu importe les circonstances, cette nouvelle querelle montre un parti divisé et sans influence réelle sur la scène fédérale. Le moment est venu de mettre fin à cette aventure dont le fondateur, Lucien Bouchard, estime qu’elle dilue le pouvoir québécois à Ottawa.

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LA DÉMISSION DE BARRETTE

Les manifestations sont généralement des moyens de pression pour faire valoir des droits, ou convaincre les gouvernements d’intervenir sur certains dossiers. Ce n’est pas le cas de celle organisée en fin de semaine par Québec solidaire, pour obtenir la démission de Gaétan Barrette. Au-delà des slogans et des dénonciations, cette manif n’était qu’un geste politique en vue des prochaines élections. Parce que personne, dans la députation de Québec solidaire, ne croit sérieusement que Philippe Couillard pourrait démettre Barrette. D’une part, ce serait un aveu d’échec de la part du premier ministre. D’autre part, qui pourrait remplacer son ministre? Personne au sein de la députation libérale ne voudrait de cette lourde tâche à six mois de la campagne électorale. Imaginez un peu : la Santé, c’est éminemment complexe. On aurait beau faire les meilleurs cahiers de breffage à un nouveau ministre, il serait incapable d’en saisir tous les enjeux et les subtilités en si peu de temps. D’ailleurs, même Amir Khadir n’a pas voulu s’avancer sur un tel remplacement pendant la manif de samedi. Et M. Khadir est médecin… 

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LE LÂCHE

Donald Trump a qualifié de lâche le policier attaché à la protection de la polyvalente de Floride au moment de la fusillade du 14 février. C’est vrai que le policier a pris position à l’extérieur du bâtiment au lieu d’y entrer au moment de la fusillade. Mais Trump est mal placé pour dénoncer sa conduite. Après tout, n’est-ce pas là un président qui a refusé de faire son service militaire alors que des milliers d’autres jeunes Américains allaient se faire tuer au Vietnam?