La prospérité pour qui?

Le nouveau taux du salaire horaire minimum, à 11,25 $, entrait en vigueur lundi. Peut-on parler de travailleuses et de travailleurs prospères?
Avec un salaire annuel de 20 475 $ lorsqu'une personne travaille 35 heures/semaine ou de 23 400 $ pour 40 heures/semaine, on parle de travailleuses et de travailleurs bas salariés-es qui souvent triment dur et tirent le diable par la queue, plutôt que de personnes avec des emplois bien rémunérés.
Le gouvernement ne peut ignorer cette réalité quand il parle de l'avenir prospère au Québec comme l'a mentionné le ministre Carlos Leitao dans son dernier budget. « Nous agissons pour faire du Québec une société plus juste et plus prospère pour tous. »
La revendication pour un salaire minimum à 15 $ gagne de plus en plus d'ardents défenseurs et trouve écho auprès d'organisation comme l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (...).
La ministre responsable du Travail, Dominique Vien, a rapidement brandi le spectre de faillites au Québec si nous devions appliquer une hausse substantielle du salaire minimum (...). Il faut préciser que les secteurs principalement visés ne partiront pas s'installer dans d'autres pays. Nous sommes d'avis que cela peut être fait et nous croyons que les hausses applicables pour atteindre 15 $ l'heure pourraient s'arrimer à des aides accordées aux petites et moyennes entreprises qui auront à passer ce cap. (...) Une hausse du salaire minimum pour les personnes bas salarié-es (...) leur permettra de contribuer à relancer l'économie régionale en dépensant dans des commerces de proximité.
Dans une lettre d'opinion parue dans La Tribune du 28 mars, Stéphane Forget, président-général de la Fédération des chambres de commerce du Québec a exprimé ses souhaits en vue du budget Leitao (...). Il semble que nous ayons un objectif commun. En effet, il a écrit que « la meilleure voie de promotion économique et sociale pour un individu, c'est encore un emploi bien rémunéré ». Dans cette lettre, il est aussi mentionné « que les départs à la retraite s'accélèrent et plusieurs postes deviennent disponibles. Trop nombreux d'entre eux demeurent vacants, à la fois dans les métiers traditionnels et les nouveaux ». Encore une fois, nous sommes d'accord avec lui. Il nous semble important de spécifier qu'un élément déterminant dans le pouvoir d'attraction pour pourvoir à des postes est de bonnes conditions en emploi et dans plusieurs cas, le salaire demeure un élément incontournable pour trouver preneur. (...)
Manon Brunelle, Illusion-Emploi