Logement à Louer appartement photo : Frédéric Côté

La position douteuse du RPHL

Dans l'édition du 29 novembre de La Tribune, le Regroupement des propriétaires des habitations locatives (RPHL) revenait à la charge pour déplorer la non-rentabilité du logement locatif. Pourquoi profite-t-il du moment présent pour encore réclamer, bien à tort, l'arrêt de la construction de logements sociaux comme solution au taux actuel de vacances dans le logement public, de 6,4 pour cent selon la Société canadienne d'hypothèque et de logement?
Par cette attitude rétrograde, il oublie que toute société démocratique doit veiller au soutien de la partie nécessiteuse de sa population, plus précisément les familles démunies, en leur garantissant un toit à la mesure de leurs besoins de base : c'est la vocation première du logement social.
Alors, le RPHL pourrait-il plutôt participer activement et avantageusement à cette mission, caritative par surcroît, en se prévalant du programme « Accès-Logis » en partenariat avec l'Office municipal d'habitation (OMH) de Sherbrooke?
Maintenant, il y a lieu de préciser que la formule du calcul du loyer préconisée par la Régie du logement liant tant le propriétaire que le locataire impose à ce dernier, comme il se doit d'ailleurs en toute équité, une contribution non négligeable au défraiement du coût des taxes foncières et scolaires, des assurances, des dépenses reliées à l'entretien et à la restauration de l'immeuble, ainsi que des frais de gestion. Cette répartition financière, révisée annuellement, est établie en fonction de pourcentages difficilement attaquables, faut-il en convenir, contrairement à ce que soutient le RPHL.
Enfin, contrairement à ce que déclare le RPHL, le gouvernement ne partage pas la prétention du RPHL voulant que le versement de l'aide financière directement à la personne soit géré plus économiquement, c'est-à-dire à moindre coût pour tout le monde.
En terminant, j'invite les membres du RPHL à s'inspirer de l'exposé fort éclairant paru dans notre quotidien régional le 2 décembre suivant, sous la plume de l'éditorialiste Denis Dufresne. La conclusion de son article invite à une réflexion incontournable.
Luc Lamoureux, ing. et ex-président de l'OMH de Sherbrooke