La peur de l'autre

La décision de quelques citoyens de Saint-Apollinaire de bloquer le projet de cimetière musulman piloté par la grande mosquée de Québec m'interpelle grandement. Cela met en évidence la peur de l'autre. Peur qui peut mener facilement vers le racisme.
Je ne veux ni ne peux blâmer les 19 résidents qui ont voté contre l'implantation de ce cimetière dans leur municipalité, mais je trouve dangereuse cette manière de voir l'autre, celui qui vient d'ailleurs, qui porte des vêtements différents de nous et qui s'exprime parfois dans une langue qui nous est inconnue.
On parle d'un cimetière! Or, je ne peux concevoir que le fait d'implanter un cimetière dans un village représente un danger. La seule raison que je puisse imaginer est la peur de voir le village de Saint-Apollinaire envahi par des musulmans venant rendre visite à des êtres chers décédés.
Le danger est grand de voir beaucoup de Québécois frôler le gouffre du racisme. Je crois que nous devons être aux aguets, car le vrai danger n'est pas d'implanter un cimetière dans un village du Québec, non le vrai danger est de choisir la noirceur du racisme.
Jean Chenay,
Sherbrooke
Pourquoi par le mourir ensemble?
J'ai suivi avec intérêt le débat autour de l'attribution ou pas de cimetières réservés à la communauté musulmane. J'ai souvenir que lorsque j'étais enfant que nous avions un cimetière catholique et il y avait celui des protestants. Je n'ai jamais réellement compris cela. Moi, je suis inclusif. Nous devons travailler autour du concept du vivre ensemble.
L'extension de cette logique tend à arriver à la conclusion qu'il faut aussi favoriser le mourir ensemble. Pourquoi nos amis de confession musulmane devraient-ils s'isoler pour enterrer leurs morts? Juifs, musulmans, catholiques, bouddhistes et autres devraient pratiquer selon leurs rites dans tous les cimetières du Québec. Pas besoin de référendum pour cela!
René Biron,
Sherbrooke