PIERRE BOUCHARD
PIERRE BOUCHARD

En confinement à chaque printemps

Être confiné sur 1200 acres, ce n’est pas exactement le même défi que celui relevé par les gens qui ne peuvent pas sortir de leur logement. Je me considère très chanceux, en tant qu’agriculteur, d’avoir un aussi grand espace. En campagne toute cette crise se vit mieux.

Vous savez, la terre nous met naturellement en confinement à chaque printemps. On n’a pas le choix, il faut s’en occuper et rester près d’elle. C’est la réalité des agriculteurs qui doivent préparer les champs et faire les semences à compter de la fin avril. On est très occupés et ça fait mon affaire! Quand on vit au rythme de la terre et des saisons, on se sent moins emprisonnés! En avril et mai c’est le temps des semences puis viendra l’été et le temps des récoltes de blé, de soya et de maïs.

Et puis… je ne suis pas une mouette de centre d’achat! Ça ne dérange pas beaucoup mes habitudes de rester chez moi à Verchères. Sauf pour les repas au restaurant. C’était un plaisir que nous nous accordions régulièrement ma femme et moi. Pour s’encourager, on blague en se disant qu’à la fin du confinement, on va pouvoir changer notre auto avec les économies qu’on a faites en mangeant tout le temps chez nous!

J’ai la chance d’avoir une conjointe qui est plus jeune que moi, alors c’est elle qui fait les commissions. Je fais attention puisque j’ai une condition médicale qui pourrait aggraver les choses si je contractais le virus. On prend des nouvelles des enfants virtuellement. On s’ennuie bien sûr, mais on se parle régulièrement. On prend soin de nous. Y’a pas d’autre chose à faire!

Je salue tous les lecteurs, je leur souhaite bonne chance et je retourne sur mon tracteur.

Pierre Bouchard