La maison qui rend fou

Qui ne se souvient pas de la maison qui rend fou des 12 travaux d’Astérix? N’est-ce pas ce qui arrive maintenant dans notre système de santé?

Avec le morcellement des services et des interventions, combiné au manque total de coordination, se faire soigner devient une entreprise ardue qui a de quoi rendre fou.

Les conséquences pour la population sont multiples. Quand on a un problème de santé qui nécessite un traitement le moindrement complexe, on se fait référer d’un spécialiste à l’autre avec des délais prolongés. Et c’est sans compter les délais d’attente à chaque entrevue. Pendant tout ce temps, le problème n’arrête pas d’empirer. Cela en décourage plusieurs qui n’osent pas consulter. En plus de nuire à la santé des gens, cette pratique a également des effets sur le marché du travail, en augmentant l’absentéisme pour raison de santé. On ne saura jamais combien de centaines de morts prématurées cela aura causé.

Pour les professionnels de la santé, cela a un double avantage. D’abord, cela produit une augmentation des actes médicaux et donc davantage de revenus. Enfin, dans tout ce dédale d’interventions, il devient de plus en plus difficile de préciser les responsabilités, ce qui augmente la protection du personnel.

Il semble de plus en plus que les médecins ne sont plus là pour les patients, mais bien plutôt les patients pour les médecins. Sans rejeter l’avantage des spécialisations, n’y aurait-il pas moyen de trouver des façons de faire pour arriver à une meilleure cohésion des services et une plus grande coordination? Ne faudrait-il pas revoir pour cela nos valeurs et nos priorités?

Jean Miville-Deschênes
Sherbrooke