Une salle d'attente de l'Hôpital Sainte-Justine avant la pandémie de COVID-19
Une salle d'attente de l'Hôpital Sainte-Justine avant la pandémie de COVID-19

La lourdeur paralysante de notre système de santé

POINT DE VUE / Le ministère de la Santé et des Services sociaux croule sous son propre poids. La crise actuelle illustre de façon brutale et douloureuse la lourdeur paralysante de notre système de santé. Depuis le début de cette pandémie on constate que le réseau est incapable de répondre aux commandes politiques quand il ne fait pas de la résistance passive.

Ce n’est pas seulement une question de budget, mais d’organisation. Le budget consacré à l’hébergement et aux soins à domicile a augmenté de 7 % au cours des deux dernières années et, pourtant, le Québec vient de frapper un mur. On a créé les Régies régionales de la santé à l’époque en affirmant qu’on allait y transférer les employés du ministère. C’était l’approche de la décentralisation. Rapidement, on a réalisé que les effectifs ont augmenté, autant au ministère que dans les Régies en région!

Les libéraux ont donc fait campagne en promettant d’abolir les Régies jugées trop grosses. Ils se sont contentés de rebaptiser les Régies qui sont devenues des Agences de la Santé. Les dernières réformes, notamment celles du DGaétan Barrette, ont créé des superstructures dans lesquelles on a regroupé tout ce qui bouge en santé, volet social et hospitalier (DPJ, ambulances, CLSC ..). Les monstres bureaucratiques que sont les CISSS, les CIUSSS et les CHU sont à l’oeuvre depuis lors.

Dans l’opposition, la CAQ a fait ses gorges chaudes de la complexité du réseau de la santé en exhibant à plusieurs reprises son organigramme. En 2012, elle s’engageait même à abolir les Agences et à supprimer 2500 postes du même coup!

Au pouvoir, peu importe le parti, on a vite fait de perpétuer le modèle québécois si douillet. Deux gouvernements n’ont pas osé décréter une hausse du salaire des préposés dans les foyers pour ne pas froisser la CSN et la FTQ! Au moins, François Legault a fait son mea culpa à ce chapitre.

La mission Santé gruge près de la moitié du budget du Québec c’est un effort remarquable de la part des Québécois. Une fois sortie de cette crise il faudra ‘’aplatir le réseau’’ comme l’a déjà dit la ministre Danielle McCann.

Les histoires d’horreur qu’on entend depuis des semaines vont peut-être forcer le gouvernement à faire le ménage dans ses priorités générales et à revoir un modèle qui nous a laissés tomber.