Claude Denis

La littératie numérique

J’ai l’air de me prendre pour un savant en utilisant les mots « littératie numérique », mais j’avoue que je viens d’en apprendre la définition après l’avoir cherchée sur internet. Ah l’internet! Cette source infinie d’informations. Quelle merveille! Mais...

Je n’écris pas pour demander aux gouvernements de protéger les droits de tous les citoyens et de toutes les citoyennes et d’appliquer les lois qui les protègent contre les propos haineux, les écrits diffamatoires, les commentaires discriminatoires ou la diffusion de mensonges construits dans le but de leurrer. Pourtant je le souhaitais hier, je le souhaite aujourd’hui et je suis persuadé que ce sera pareil demain.

Aujourd’hui, c’est plus urgent. J’écris pour exprimer mon souhait de voir nos gouvernements agir enfin, comme l’a fait la France récemment, en fiscalisant les transactions et les bénéfices contractés sur notre territoire, des entreprises du numérique étrangères. Il est impensable qu’on laisse des téra-entreprises déporter tous ces argents sans payer leur juste-part aux sociétés d’où elles en bénéficient.

Je me rend compte que beaucoup de gens croient que la musique, les émissions, les téléromans ou les films qu’on voit à la télé sont gratuits. Au même titre que les informations qu’on peut voir sur Google ou Facebook. En parlant d’eux, on peut dire qu’ils diffusent aussi de la désinformation. D’où l’importance de la littératie numérique de mon titre. Je constate que ce n’est pas maîtrisé par tout le monde.

Bref! Je reviens à la fiscalisation en visant principalement Google et Facebook. Sans les accuser, on doit tout de même constater que c’est vers eux qu’ont déviés des budgets publicitaires importants, responsables des baisses de revenus de nos médias.

Les entreprises Google et Facebook sont les transporteurs (contenants) de l’information, ils n’en sont pas les créateurs (contenu). Ils profitent gratuitement du travail des journalistes, photographes, équipes de rédaction et de mise en page, etc. Les seules informations qui les intéressent sont les informations personnelles.

C’est urgent que nos gouvernements perçoivent les taxes et les impôts des entreprises du numérique étrangères en équité avec les entreprises d’ici, et en remettent à nos médias qui en ont réellement besoin. C’est une mesure qui ne coûtera rien à personne, car tout le monde le sait, Facebook et Google sont gratisses.

Je rajoute quelques petits mots pour m’adresser à la communauté d’affaires, principalement aux détenteurs de budgets publicitaire, en leur demandant de réfléchir humainement à la priorité pour notre société et sa littératie numérique dans leurs choix d’investissements médias.

On dit souvent que le journalisme est le 4e pouvoir, après le gouvernemental, le législatif et le judiciaire. Le journalisme fait partie des fondements de notre société civilisée. C’est un pilier qui doit tenir, sinon tout s’effondre.

Claude Denis
Ex-président de la Chambre de commerce de Sherbrooke