Tous ont formulé des propositions intéressantes, voire audacieuses, mais touchant pour la plupart des enjeux nationaux tels la santé, l’éducation, l’environnement et l’aide aux familles.

La liste

ÉDITORIAL / Dix jours après le lancement de la campagne électorale provinciale, l’Estrie a eu droit à la visite des chefs des quatre principaux partis qui s’affrontent en vue du scrutin du 1er octobre prochain mais, malheureusement, bien peu d’engagements touchant spécifiquement la région ont été formulés.

Les co-porte-paroles de Québec solidaire (QS), Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, ont lancé dimanche à Sherbrooke leur campagne régionale, suivis par le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Legault, venu faire campagne ici lundi, puis par le chef et la vice-chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée et Véronique Hivon, qui ont rassemblé leurs troupes mercredi soir, et par le chef libéral Philippe Couillard, vendredi, qui a annoncé un nouveau programme d’aide financière pour les personnes handicapées inaptes au travail.

Tous ont formulé des propositions intéressantes, voire audacieuses, mais touchant pour la plupart des enjeux nationaux tels la santé, l’éducation, l’environnement et l’aide aux familles.

QS, par exemple, promet la gratuité scolaire « des CPE au doctorat » et une assurance dentaire publique.

La CAQ est prête à consacrer un milliard $ pour transformer les CHSLD en Maison des aînés plus accueillantes et à échelle humaine. Elle souhaite également créer des emplois plus payants et améliorer le crédit d’impôt pour les parents qui veulent un 2e ou un 3e enfant.

La CAQ veut aussi que les régions comme l’Estrie soient desservies par des vols commerciaux et entend donner accès à internet partout au Québec.

Le PQ vise lui aussi les familles avec son projet d’améliorer le programme d’assurance parentale. Il veut également donner accès à internet haute vitesse à tous.

Le parti entend de plus décentraliser le système de santé à la suite de l’abolition des Agences régionales et de la fusion des centres de santé sous la gouverne du ministre Gaétan Barrette, en 2015.

Quant aux libéraux de Philippe Couillard, ils promettent un investissement de 3 milliards $ en éducation, après avoir soumis le réseau à d’importantes compressions depuis 2015, y compris dans les services aux élèves en difficulté.

Philippe Couillard, qui doit revenir à Sherbrooke cette semaine, s’est aussi engagé à aider financièrement les familles avec enfants et à bonifier le régime d’assurance parentale.

Bravo, mais qu’en est-il des préoccupations régionales?

Car, jusqu’ici du moins, plusieurs enjeux qui touchent directement la région sont passés sous silence, à l’exception du chef de la CAQ qui s’est dit prêt à débloquer 10 millions $ pour la décontamination d’anciens terrains industriels à Sherbrooke.

Et du député libéral sortant de Sherbrooke et ministre de la Famille, Luc Fortin, qui entend mener à bien le projet de l’école primaire « D », près de l’école secondaire du Phare, s’il est réélu. On aurait toutefois aimé entendre les chefs sur le développement du transport en commun alors que Sherbrooke est de plus en plus aux prises avec la congestion automobile, le logement social – près de 40 pour cent des ménages sherbrookois locataires consacrent plus de 30 pour cent de leurs revenus pour se loger – la crise du recyclage qui a affecté plusieurs centres de tri de la région au cours des derniers mois ou encore sur l’intégration des personnes immigrantes au marché de l’emploi.

En outre, il est inacceptable que des enseignants de l’Estrie dépensent jusqu’à 300 $ par année pour l’achat de fournitures scolaires afin de s’assurer que leurs élèves ne manquent de rien, selon le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie. Qu’en pensent les chefs de parti?  

Il reste encore quatre semaines de campagne électorale : la population attend des engagements précis de la part des candidats sur ces questions.