La honte d'exporter

OPINION / Je termine à l’instant la lecture de l’éditorial de Denis Dufresne « Au pied du mur » (La Tribune édition du samedi 10 février) et j’avoue qu’il m’enlève les mots de la bouche. Nous devrions avoir honte de devoir « exporter » nos déchets ailleurs sur la planète.

La conscience sociale de notre « société distincte » se retrouve-t-elle seulement dans les beaux discours? Qu’attendent nos gouvernants pour régler ce dossier qui devrait être jugé prioritaire? De plus, quand j’ai appris que 80 % du verre mis dans mon bac se retrouvait dans les sites d’enfouissement, je suis tombé à la renverse.

On déplore, à raison, les décisions aberrantes de nos voisins américains en regard du réchauffement climatique jusqu’à nier cette réalité. Mais à bien y penser, ne devrait-on pas d’abord se préoccuper de nos déchets avant de lancer la pierre à autrui? Le fait de faire fi de la réalité du réchauffement climatique par quelques hurluberlus n’est pas moins préoccupant que de laisser pourrir un dossier comme la nécessité de recycler. Nous n’avons plus de leçon à donner à quiconque, tant que nous ne sommes pas plus responsables de nos propres déchets... Cela me donne presque le goût de tout mettre dans le bac noir, étant donné que ça ne semble pas faire une grande différence. Moi aussi, je me sens au pied du mur, celui de l’incompréhension.

Jean-Guy Gagnon
Sherbrooke