La grève des juristes, le gouvernement doit agir!

Depuis le 24 octobre 2016, soit il y a un peu plus de trois mois, les juristes du gouvernement du Québec sont en grève. La grève est un moyen de pression auprès du gouvernement qui doit servir à négocier, ce qui mettrait un terme au conflit de travail. Le 26 janvier dernier, ce mandat de grève a été reconduit après un vote favorable à 83 % par les avocats et notaires de l'État québécois qui sont en droit de réclamer de meilleures conditions, mais qui semble n'avoir aucune écoute de la part de leur employeur.
S'il n'y avait pas de conséquences fâcheuses, la grève ne serait évidemment pas utilisée comme moyen de pression, car ce sont justement les conséquences qui créent la pression permettant de négocier.
Toutefois, le gouvernement ne semble pas presser de régler. Faut-il rappeler que pendant ce temps, le gouvernement ne paie pas ses juristes et qu'il engrange l'argent des salaires de ces employé(e)s. De plus, il économise de l'argent sur le dos des victimes, car comme les causes ne sont pas entendues, les victimes qui devraient recevoir des indemnités ou des compensations si elles gagnaient leur cause ne reçoivent aucun montant.
Dans le conflit dont il est question, le gouvernement n'est pas celui qui subit le plus gros de la pression. En effet, même s'il est vrai que certains services essentiels sont maintenus, la très grande majorité des dossiers sont paralysés. Ces dossiers sont au centre de la vie de personnes victimes d'actes criminels, d'un accident de travail, de harcèlement au travail ou autre dossier pour lesquels elles sont en attente d'une audience au tribunal administratif concernant leur dossier.
Dans le cas de dossier à la CNESST, déjà que la fusion de la CSST avec la CNT et la CES avait ralenti le processus de traitement des causes et augmenter les délais, voilà que cette grève devient un calvaire pour des milliers de femmes, d'hommes et les proches de ceux-ci. Imaginez une personne victime de harcèlement psychologique à son emploi qui doit subir un délai indéterminé avant d'obtenir une audience devant le tribunal administratif. Peut-on imaginer la qualité de vie et le niveau de stress que vit cette personne pendant tout ce temps? La situation est déjà assez pénible sans en rajouter avec cette nouvelle épreuve d'une attente irresponsable et non désirée? Le gouvernement doit faire preuve de diligence, de responsabilité et de respect pour les victimes et pour ces employé(e)s.
Cette situation doit se régler... et vite! Il y a de trop nombreuses victimes à ce marasme.
Christian Lavoie pour Illusion-Emploi de l'Estrie
Groupe de défense des travailleuses et travailleurs
non syndiqués