« Pendant que les gens se rendent à l’épicerie, vont s’asseoir sur les terrasses sans masque et sans respecter les normes de distances sociales, à l’hôtel de ville on fait du zèle », exprime Pascal Cyr.
« Pendant que les gens se rendent à l’épicerie, vont s’asseoir sur les terrasses sans masque et sans respecter les normes de distances sociales, à l’hôtel de ville on fait du zèle », exprime Pascal Cyr.

La COVID-19 a le dos large

POINT DE VUE / Cette semaine, on apprenait que les séances publiques du conseil municipal seraient suspendues jusqu’au 31 janvier. La raison invoquée: la COVID-19.

Avec toutes les mesures qui ont été prises au cours des dernières années afin de limiter le droit de parole des citoyens, voire de les rabaisser dans certains cas, comment ne pas voir dans cette décision une manœuvre bassement politique? 

Il est vrai que de nombreux dossiers chauds sont à l’ordre du jour. Par exemple, les travaux de la voirie qui s’éternisent, la contestation des commerçants du centre commercial Belvédère qui ne veulent pas perdre leur accès complet à la rue Galt et bien entendu, le dernier budget de cette administration chaotique et bancale qui sera voté à la fin décembre. 

Avec 7.5 millions de déficits, on souhaite éviter les questions et la fureur des citoyens lorsqu’on leur imposera une hausse significative de leurs taxes.

Pour les conseillers en place et en particulier pour Mme Bergeron qui n’est pas toujours à son aise avec les citoyens, en particulier les plus frondeurs, la formule actuelle convient parfaitement bien. Les citoyens doivent formuler leurs questions à l’avance et de cette façon, les élus (es) peuvent se préparer à leur aise tout en donnant l’impression qu’ils connaissent bien leurs dossiers. C’est là une illusion qu’ils ont à cœur d’entretenir. Et puis lorsque les questions sont trop gênantes, voire embarrassantes, il est toujours possible de ne pas en tenir compte.

En effet, la COVID-19 a le dos large, elle justifie tous les abus et toutes les manœuvres. Pendant que les gens se rendent à l’épicerie, vont s’asseoir sur les terrasses sans masque et sans respecter les normes de distances sociales, à l’hôtel de ville on fait du zèle. Comme s’il n’était pas possible de réduire le nombre de chaises et de limiter le nombre de personnes présentes. Voyons donc! Cela pourrait se faire par une inscription de présences sur le site de la Ville de Sherbrooke. Mais en politique comme dans tout le reste, l’occasion fait souvent le larron.

Pascal Cyr, Sherbrooke