Kim Boutin s’avère la digne successeure des Sylvie Daigle et des sœurs Maryse et Annie Perreault en patinage de vitesse.

Kim Boutin, fière ambassadrice

ÉDITORIAL / Si des défilés gigantesques soulignent habituellement la conquête d’un championnat sportif, la patineuse de vitesse Kim Boutin mérite assurément pareil honneur. La Sherbrookoise, la vedette incontestée des derniers Jeux olympiques, revient de Corée avec trois médailles à son cou. En signe de reconnaissance, le pays vient d’en faire à juste titre son porte-drapeau lors des cérémonies de clôture de cette olympiade d’hiver.

Kim Boutin s’avère la digne successeure des Sylvie Daigle et des sœurs Maryse et Annie Perreault en patinage de vitesse. Après une pause salutaire, la jeune athlète a su rebondir au bon moment à PyeongChang. Elle devient la première Canadienne de l’histoire à remporter trois médailles au cours des mêmes Jeux olympiques. Les foules rassemblées dans des restaurants démontrent aussi que Kim Boutin a su conquérir le cœur des Sherbrookois et susciter leur fierté.

Ce succès est d’autant plus exceptionnel que Kim Boutin a subi une pression énorme au cours de ces Jeux. À la suite de la disqualification d’une patineuse sud-coréenne, les partisans ont pris la Sherbrookoise en grippe dans les médias sociaux. Celle-ci a courageusement fait face à la musique, répondant de la meilleure façon qui soit à l’adversité, soit par une performance exceptionnelle. Elle mérite bien le titre de   guerrière pacifique  » que lui attribue son entraîneur Frédéric Blackburn.

Sans la contribution de ses disciplines de prédilection, le Canada termine au troisième rang du classement avec 2  médailles, sa meilleure performance aux Jeux olympiques d’hiver.

Les Jeux de PyeongChang ont également marqué, du moins pour un court instant, le rapprochement entre les deux Corées. À l’image de la traditionnelle pause olympique de l’Antiquité, les deux frères ennemis ont temporairement mis fin à leurs hostilités pour laisser leurs champions s’affronter. S’il est bien sûr trop tôt pour mesurer tout l’impact de cette ouverture, il en restera forcément des retombées positives qui pourraient un jour paver la voie à un règlement global.

En ce qui concerne la couverture télévisée, Radio-Canada et RDS se sont acquittés de leur rôle avec brio. À souligner tout spécialement les reportages de l’Infoman Jean-René Dufort qui a su faire oublier la piètre qualité du français à certains moments. Inacceptable que des noms de mouvement ne trouvent pas encore d’équivalent en français. Un saut renversé ne pourrait-il pas remplacer un back-flip?

Une mention plus qu’honorable doit par ailleurs être décernée à nos équipes de hockey, tant masculine que féminine. Médaillées d’argent, non sans avoir livré une féroce bataille aux éternelles rivales américaines, les hockeyeuses canadiennes ont donné un spectacle époustouflant. En comparaison, le hockey professionnel apparaît bien terne, en particulier celui affiché par le Canadien de Montréal. Ces Jeux de PyeongChang consacrent ainsi l’échec cuisant du hockey professionnel de la Ligue nationale de hockey qui a privé les amateurs de ses meilleurs talents.

Grande déception également pour le skieur de fond Alex Harvey qui a fini au pied du podium. Au moins, le Comité international olympique a maintenu la suspension des athlètes russes qui n’ont pu défiler sous leur drapeau en raison de leur système de dopage. Qui sait si Harvey n’héritera pas d’une médaille dans un avenir rapproché?

Ces derniers Jeux auront offert l’un des meilleurs spectacles au monde. Les athlètes et la Sherbrookoise Kim Boutin au premier rang auront tenu les spectateurs en haleine par leurs performances éblouissantes. Si Petite-Rivière Saint-François dans Charlevoix a fait de Dominique Maltais son ambassadrice, Sherbrooke doit réserver à son héroïne un honneur au moins équivalent.