Joyeuses Pâques et... bon match!

CHRONIQUE / Oubliez les chicanes politiques, les salaires des patrons de Bombardier, les problèmes aux Transports et à la Santé, oubliez Trudeau, Couillard, Lisée, Legault et Manon Massé, les Canadiens de Montréal font les séries! Les Maple Leafs, les Oilers, les Flames et les Senateurs aussi, mais c'est la Sainte Flanelle qui porte le fardeau de la fierté des Québécois... ou à tout le moins des Montréalais.
Les élus de l'Assemblée nationale sont en pause la semaine prochaine. À partir de maintenant, c'est la bataille de la Coupe Stanley qui fera les manchettes. Les journalistes politiques ont déjà commencé à solliciter l'opinion des leaders politiques. Le journaliste Richard Latendresse de TVA a poussé l'effronterie jusqu'à demander les commentaires de Sean Spicer, le porte-parole de Trump, en pleine séance officielle de breffage à la Maison-Blanche. Une commande de ses patrons, sans doute.
Les gérants d'estrade parlementaires vont céder la place aux discussions animées des chroniqueurs de sport qui donnent toujours un bon spectacle, même s'ils se trompent régulièrement, comme on l'a vu mercredi soir.
J'ai toujours pensé que le printemps érable n'aurait pas pris une telle ampleur, en 2012, si le Tricolore avait fait les séries. Quand les gens sont prisonniers de leur petit écran ou rassemblés dans les restaurants pour regarder le match, ils ne sont pas dans les rues à lancer des pierres aux policiers.
Les séries, ça fait rouler l'économie, c'est bon pour les tenanciers de bars, les restaurateurs, les réseaux de télévision et même votre journal préféré. Entre deux et trois millions $ par match du Canadien, selon le professeur André Richelieu de l'UQAM.
Plus encore, c'est un remède efficace contre la déprime saisonnière qui nous atteint quand l'hiver s'accroche. Il suffit d'inviter les amis à la maison avec leur bière, leurs ailes de poulet et leurs croustilles. Plaisir garanti, et célébrations euphoriques à chaque victoire. Ne tardez pas trop. Parce que si on se fie à nos chroniqueurs sportifs, les Canadiens sont censés l'emporter contre les Rangers. La suite pourrait être plus serrée... Et célébrer dans la défaite, c'est moins évident.
Je vous laisse en citant néanmoins l'éditorial de mercredi du Globe and Mail sur le même sujet. Il nous rappelle que même si le hockey est « notre sport national », la LNH n'est pas notre ligue et qu'elle appartient aux Américains. Et que pour des raisons financières, les Amerlos refusent de créer d'autres équipes au Canada (désolé pour le maire Labeaume) et donnent la préférence à leur territoire. Parce que plus vous avez d'équipes aux États-Unis, plus vous avez de chances de faire les séries et d'empocher les retombées économiques.
Cette année, on est chanceux : cinq équipes canadiennes se sont classées, ce qui annonce une pluie de dollars de ce côté de la frontière. Mais l'an passé, on n'en avait aucune, et ça pourrait se reproduire.
On pourra s'en consoler ce printemps dans l'euphorie des matches de nos équipes. Mais il ne faudrait pas l'oublier, même dans l'odeur du cannabis légal du gouvernement Trudeau... J'aurai l'occasion de revenir sur ce cannabis. Le débat ne fait que commencer. Mais de prime abord, j'espère qu'avant de voir les dollars de ce commerce, nos politiciens travailleront d'abord et principalement sur les précautions à prendre pour éviter d'accentuer un problème que l'on connaît déjà. C'est bien de vouloir sortir le crime organisé de cette activité et de s'assurer que les produits offerts sont de bonne qualité. Mais si on fait comme avec les loteries vidéo et qu'on fait passer les profits avant la santé des gens, on se prépare des réveils douloureux.