Je dis oui à l'euthanasie

Je ne peux concevoir que dans une société qui se targue d'être évoluée, on laisse encore mourir des individus en les obligeant à utiliser des moyens aussi primitifs que de sauter du 9e étage d'un hôpital.
Situation récente: le type a mon âge (74 ans), il est en phase terminale à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont et il semble que la seule option qui se soit offerte à lui pour abréger sa souffrance, probablement plus morale que physique, est de sauter par la fenêtre du 9e étage de cet hôpital.
À la suite de cet événement, tous les bien-pensants de cette société archaïque crient au meurtre et ne trouvent, comme solution à ce drame, que de voir à ce que ces fenêtres soient barrées de façon à ne plus servir de moyens suicidaires. Moi je dis de grâce, laissez-nous au moins cette échappatoire à nous, les personnes âgées qui sommes en fin de vie et ne pouvons obtenir une assistance plus convenable pour terminer notre route qui, souvent, s'allonge bien inutilement. La question des fenêtres se voulant sarcastique pour ceux qui n'auraient pas compris.
Les opposants à l'euthanasie parlent beaucoup de soins palliatifs améliorés et du soulagement de la douleur physique, mais que fait-on de tous ces cas (Alzheimer profond, entre autres
qui s'étirent sur plusieurs années et que les concernés n'auraient certainement pas choisi s'ils avaient eu une autre option.
Personnellement, je préconise une loi bien encadrée et non pas un bar ouvert à l'euthanasie afin d'éviter toute dérive dont les opposants parlent présentement. Cette dérive anticipée, dont se drapent pudiquement les gens qui s'opposent à une légalisation, n'est-elle pas bien présente chez les personnes âgées qui doivent accomplir ce geste très difficile sans aucune aide professionnelle?
Il est primordial que les personnes en santé et saines d'esprit manifestent par une discussion franche et humaine avec leurs proches, leurs dernières volontés concernant leur fin de vie advenant que des décisions importante auraient à être prises.
Lorsque la loi sur l'euthanasie sera adoptée (et elle le sera éventuellement), ce sera la responsabilité du gouvernement de voir à publiciser des méthodes ou documentations appropriées pour mettre en application ce qui est suggéré dans le paragraphe précédent de cet exposé.
En terminant, je veux m'assurer que les jeunes ne pensent pas que je fais l'apologie du suicide; au contraire, je crois que ceux qui vivent présentement une situation qui les accable à un point tel qu'ils pensent à l'acte, devraient plutôt essayer de comprendre que tout ceci n'est que temporaire et que dans quelques semaines ou mois, ils en riront probablement. Il ne faut pas poser un geste irrémédiable pour régler une condition passagère. Demandez de l'aide à votre entourage et confiez-vous à ceux qui vous aiment.
Germain Beaudry
East Angus