Les scientifiques nous informent depuis plusieurs années que les changements climatiques auront comme effet particulièrement d'augmenter l'intensité et la fréquence d'événements climatiques extrêmes.

Irma : quelle leçon en tirer ?

Voilà que nos voisins du Sud se remettent du passage d'Irma. Mais, pour l'avenir, que peut-on apprendre de cet événement dévastateur?
CHRONIQUE / Évidemment, le phénomène des ouragans n'est pas nouveau. Cependant, Irma a surpris par sa puissance. Plusieurs relient l'intensité de cet événement au phénomène des changements climatiques. Partout sur la Terre, l'utilisation par les humains de combustibles fossiles pour se chauffer, générer de l'électricité, mais surtout pour se déplacer, entraine l'émission dans l'atmosphère d'une quantité grandissante de gaz qui ont la propriété d'emmagasiner une partie de l'énergie en provenance du soleil. Plus nous émettons de ces gaz, plus nous participons au réchauffement climatique par l'énergie en provenance du soleil emmagasinée dans l'atmosphère par la simple présence de ces gaz.
Cette énergie supplémentaire présente dans l'atmosphère a plusieurs effets sur la planète. Par exemple, nous apprenions en juillet dernier qu'un iceberg de mille milliards de tonnes venait de se former en Antarctique. La formation d'iceberg est tout à fait naturelle, mais celui-ci est l'un des plus gros jamais vu. Le réchauffement climatique accélère ce phénomène. Aussi, la température moyenne de la Terre s'élève graduellement et certaines espèces ont de la difficulté à s'y adapter, ce qui entraine la disparition d'un nombre incroyable d'espèces.
En ce qui a trait à Irma, nous savons que l'eau des océans se réchauffe grâce à cette énergie supplémentaire emmagasinée par les gaz à effet de serre et cette énergie disponible vient à son tour donner plus d'énergie aux ouragans. Nous avons tous vu les conséquences dévastatrices d'Irma dans un pays développé, déjà informé de la possibilité de l'avènement de tels phénomènes. Les scientifiques nous informent depuis plusieurs années que les changements climatiques auront comme effet particulièrement d'augmenter l'intensité et la fréquence d'événements climatiques extrêmes. Nous nous rappelons les inondations de ce printemps au Québec, puis voici Irma qui entraine à son tour des personnes vers l'adversité.
Nous réalisons actuellement que nous vivons ces effets dès maintenant, l'intensité d'Irma le démontre. Mais nous devons penser que ce sont les générations naissantes et futures qui devront affronter des situations qu'il nous est encore difficile à imaginer.
Nous sommes tous touchés par ces événements. Nous pouvons et devons apprendre de ces manifestations et agir pour réduire dès maintenant le réchauffement de la planète.
Nous sommes plusieurs à agir pour réduire ce réchauffement de différentes façons :
- lorsque nous compostons les matières putrescibles, nous réduisons les gaz à effet de serre que ces matières émettraient pendant leur décomposition dans les sites d'enfouissement, les biogaz;
- lorsque nous covoiturons, achetons un véhicule moins énergivore ou électrique, utilisons les transports en commun, lorsque nous arrêtons notre véhicule au moment où nous sommes stationnés, lorsque nous planifions nos déplacements ou choisissons une destination vacances plus près de nous, nous réduisons directement les gaz à effet de serre émis par la combustion de l'essence;
- lorsque nous diminuons notre consommation de biens de toutes sortes dont la fabrication et le transport se font souvent grâce à la combustion d'énergies fossiles produisant des gaz à effet de serre;
- lorsque nous supportons l'implantation d'énergies renouvelables, comme ces magnifiques éoliennes dévoilant la présence d'une société responsable;
- lorsque nous réduisons notre consommation de viande dont la production génère plus de gaz à effet de serre en comparaison à la production de légumineuses;
- lorsque nous favorisons l'achat de nourriture ou de biens locaux ce qui réduit l'émission de gaz à effet de serre reliés à leur transport, comme les fraises et les pommes du Québec, etc.
Les solutions requises pour réduire les changements climatiques ne sont pas uniquement entre les mains des scientifiques, des industriels et des gouvernements. Nous faisons tous partie de la solution. Prenons conscience des impacts de nos actions et agissons différemment. Comme le disait Einstein, « La folie est de toujours se comporter de la même façon et de s'attendre à un résultat différent. »
Chacun, selon ses possibilités, peut contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre et ainsi le réchauffement climatique. Irma nous a certainement appris que nous désirons réduire autant que possible l'avènement de tels événements météorologiques pour protéger la nature, les humains qui vivent actuellement et ceux à venir. Des actions simples sont à la portée de tous pour y participer. Il suffit d'y réfléchir avec toute notre sensibilité et de se mettre à l'action altruiste dans l'optique de l'enseignement de Gandhi : « Vivre plus simplement, pour que d'autres puissent tout simplement vivre. »
Lucie Laramée est spécialiste en environnement.