Denis Dufresne

Inacceptable

ÉDITORIAL / Le cri du cœur lancé par des membres du personnel de l’unité de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke, dont a fait état La Tribune jeudi dernier, témoigne d’une situation inacceptable qui commande rien de moins qu’une action du gouvernement.

Les incidents décrits par les employés dépassent l’entendement : un préposé aux bénéficiaires a été blessé à la tête par un patient, des pneus de voitures d’employés ont été crevés, plusieurs ont reçu des menaces de mort et il y a eu des soupçons de consommation et de revente de drogue au sein de l’unité, ce qui a amené le Service de police de Sherbrooke à y effectuer une perquisition le 11 décembre.

Bref, un climat de peur s’est instauré, ce qui au dire d’employés, serait relié à un petit groupe de patients.

Comment peut-on tolérer une telle situation?

Celle-ci n’est évidemment pas propre à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke : le problème de la violence verbale et physique envers le personnel de la santé est en augmentation au Québec.

Selon des données obtenues par le Journal de Montréal, le nombre de réclamations à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) pour des cas de violence dans le milieu de la santé a augmenté de 33 % de 2015 à 2019. On parle de plusieurs centaines de cas par année.

Selon les syndicats, le manque de personnel et des lacunes en matière de sécurité peuvent expliquer cette situation.

Les établissements de santé sont tenus d’avoir une politique interne contre le harcèlement et la violence au travail. En outre, des formations sont offertes aux employés pour faire face aux situations à risque. Mais est-ce suffisant?

La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS dit prendre la sécurité de ses employés au sérieux et s’être donné des mesures pour régler le problème.

Toutefois, les employés qui ont parlé à La Tribune soutiennent que les actions posées jusqu’ici sont insuffisantes.

Ils ne sont pas les seuls : dans plusieurs autres établissements de la province, des membres du personnel soignant réclament une intervention musclée du gouvernement pour sécuriser les unités de psychiatrie et mettre fin à ces aberrations.

Il est plus que temps que Québec y voit. 

+ Le retour de Jean Charest?

Le possible retour de Jean Charest en politique fédérale, comme candidat à la succession d’Andrew Scheer pour la direction du Parti conservateur du Canada (PCC), constitue la surprise de la semaine en politique.

Selon les informations publiées dans les médias, celui qui a été député conservateur de Sherbrooke de 1984 à 1998 et chef de ce parti entre 1993 et 1998, avant de représenter le Parti libéral du Québec (PLQ) à l’Assemblée nationale de 1998 à 2012, dont 9 ans comme premier ministre du Québec (2003-2012), serait courtisé par des membres du caucus conservateur, d’ex-élus et des militants.

Des sources proches de l’ancien politicien, aujourd’hui avocat à Montréal, affirment qu’il réfléchit sérieusement à un retour sur la scène fédérale.

L’avenir dira ce que décidera le principal intéressé.

Jean Charest dispose de plusieurs atouts : il a été un politicien de grand talent, il jouit d’une grande notoriété et a une fine connaissance du Canada.

De plus, il est au centre droit de l’échiquier politique, un espace actuellement inoccupé sur la scène fédérale.

Le défi serait toutefois de taille.

D’une part parce que le PCC actuel, qui penche résolument à droite, est bien différent du Parti progressiste conservateur des années Mulroney, qui était davantage de centre et se voulait rassembleur.

D’autres part parce que Jean Charest a un passé : ses dernières années au PLQ ont été entachées d’allégations de corruption et l’UPAC enquête toujours sur les finances du parti lorsqu’il était sous sa gouverne.