Il faut voter

ÉDITORIAL / En dépit d’une campagne électorale plutôt terne et surtout axée sur les enjeux locaux, voire le clientélisme, chacun a la responsabilité d’aller voter lors du scrutin fédéral de lundi et d’appuyer le candidat ou la candidate qui représente le mieux ses valeurs et ses priorités.

D’autant plus que les sondages d’opinion démontrent que rien n’est encore joué tant au plan national que régional.

Dans la circonscription de Sherbrooke, par exemple, un sondage Mainstreet publié dans La Tribune de mardi dernier démontrait que la candidate du Parti libéral du Canada (PLC), Élizabeth Brière, le bloquiste Claude Forgues et le néo-démocrate Pierre-Luc Dusseault étaient pratiquement à égalité avec respectivement 26,2 %, 25,7 % et 25,6 % des intentions de vote.

À l’échelle nationale, la lutte est également très serrée entre libéraux et conservateurs. Au Québec, un sondage Léger réalisé pour TVA indique que le Bloc québécois et le PLC sont à égalité, avec 31 % des voix chacun. 

Le sprint des derniers jours des chefs Yves-François Blanchet (Bloc québécois), Jagmeet Singh (NDP) et Justin Trudeau (PLC), au Québec, démontre qu’ils ne prennent rien pour acquis.

C’est d’ailleurs à Sherbrooke, mercredi dernier, que le premier ministre Justin Trudeau a mis un terme à sa campagne québécoise et est venu prêter main-forte à la candidate Élizabeth Brière et à la députée sortante de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau.

M. Trudeau a notamment fait valoir que « ça prend des Québécois au gouvernement ».

Jeudi, c’était au tour des candidats conservateurs Dany Sévigny (Sherbrooke), Alain Rayes (Richmond-Arthabaska) et Jessy McNeil (Compton-Stanstead) de dresser un bilan de leur campagne et d’appeler les électeurs à les appuyer, plutôt que de choisir le Bloc québécois.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, était à Sherbrooke à la mi-septembre.

Il est déplorable que les grands enjeux nationaux aient été difficiles à discerner durant cette campagne électorale, qu’il s’agisse de mesures pour faire face à l’urgence climatique ou du fait qu’Ottawa et Québec n’ont toujours pas signé l’entente sur la Stratégie nationale sur le logement, lancée en 2017, alors que des dizaines de milliers de ménages peinent à se loger dans la province.

Rien de bien nouveau ou d’audacieux non plus en ce qui a trait à la lutte contre la pauvreté et l’itinérance, un problème pourtant de plus en plus présent dans les villes comme Sherbrooke.

En Estrie, les électeurs ont toutefois eu droit à des débats intéressants sur différents enjeux régionaux tel le projet de train électrique Sherbrooke-Montréal, appuyé par le Parti vert et le NDP, une desserte commerciale à l’aéroport régional de Sherbrooke, une priorité de la candidate libérale Élizabeth Brière et du conservateur Dany Sévigny et le logement social (près de 800 ménages sont en attente à Sherbrooke), un enjeu que seuls les néo-démocrates et le Parti vert ont véritablement abordé.

À l’issue de cette campagne d’une quarantaine de jours, il est bien difficile de déterminer qui des chefs des principaux partis fédéraux - le conservateur Andrew Scheer, le libéral Justin Trudeau, le néo-démocrate Jagmeet Singh et l’écologiste Élizabeth May – serait le meilleur premier ministre pour diriger le Canada en cette époque de grands défis sociaux, économiques et environnementaux. 

Il revient donc aux électeurs de choisir localement le candidat ou la candidate qui représente le mieux leurs valeurs et leurs priorités.

À cet égard, les quelque 7,2 millions d’électeurs âgés de 18 à 34 ans, qui représentent 26,5 % de l’électorat canadien, peuvent faire pencher la balance.

Ils ont démontré leur détermination à agir contre la menace des changements climatiques lors des marches tenues dans plusieurs villes du Canada, y compris à Sherbrooke, à la fin de septembre. 

L’avenir leur appartient et voter est l’un des meilleurs moyens d’envoyer un message clair au futur gouvernement.