Il faut faire mieux

ÉDITORIAL / La direction du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Estrie (CIUSSS de l’Estrie-CHUS) doit trouver des mécanismes pour faire mieux dans le cas d’un patient sherbrookois qui subit volontairement une intervention chirurgicale dans un autre établissement sur son territoire.

Certes, il existe des politiques. De façon générale, il est sans doute de mise que le suivi postopératoire d’une chirurgie soit pris en charge par le chirurgien traitant et que ce dernier soit le mieux placé pour analyser le cas de son patient et remédier aux problèmes qui peuvent survenir.

Cependant, dans certaines situations, cette politique n’est pas appropriée et ne doit pas remplacer le bon jugement des intervenants impliqués dans le processus de traitement des complications qui se pointent à l’occasion. Le récit du Sherbrookois Raynald Desmarais, publié dans nos pages mardi, est un cas flagrant où la politique ne peut pas s’appliquer à la lettre.

Pour gagner du temps et obtenir une chirurgie plus rapide, le septuagénaire a accepté une opération du genou à l’hôpital de Granby. C’est un cas classique. Depuis des années, des patients acceptent de se déplacer à l’extérieur de la ville qu’ils habitent pour réduire les délais d’attente.

Pour M. Desmarais, l’opération se déroule bien. La suite devient cependant un cauchemar. Il vit des complications. Il doit retourner à Granby. Les choses empirent. Il va au CHUS mais on le retourne encore à Granby. « On m’a refusé des soins de base en milieu hospitalier à Sherbrooke parce que j’avais été opéré à Granby », dénonce-t-il.

Cela est inacceptable. Suivre une politique à la lettre peut conduire à des décisions qui manquent de considération à l’égard d’un patient. Ce cas a déjà provoqué le début d’une réflexion plus globale au sein du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. C’est nécessaire.

Lorsque l’établissement dit placer le patient au cœur de sa mission et que l’amélioration de la trajectoire du patient est un objectif de l’organisation, il faut éviter des cas comme celui de M. Desmarais.

Après tout, il était plus logique que le CHUS à Sherbrooke accepte de prendre en charge M. Desmarais et fasse à l’interne le lien avec le chirurgien à Granby. Pourquoi un homme mal en point devrait constamment se déplacer loin de chez lui pour obtenir les soins requis? En outre, l’hôpital de Granby fait partie du territoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Il est logique de penser qu’une meilleure coordination peut s’établir pour les soins d’un patient à l’intérieur d’une même organisation, surtout d’un centre intégré universitaire.

Il faut espérer que les équipes de coordination des soins postopératoires et de direction de l’organisation vont tirer des leçons et corriger le tir. Des politiques trop rigides ou appliquées avec trop de rigidité peuvent rapidement détruire les efforts qui sont accomplis tous les jours pour respecter les patients et améliorer l’expérience du patient-client.

M. Desmarais a eu raison de dénoncer la situation. Certains peuvent craindre dorénavant d’accepter une opération à Granby ou à Lac-Mégantic. C’est au CIUSSS de l’Estrie-CHUS d’améliorer le traitement des dossiers des patients pour éviter d’autres cas comme celui de M. Desmarais.

Enfin

La Société des alcools du Québec (SAQ) ouvre enfin la porte à la récupération des bouteilles de vin vides de ses clients. La société d’État se montre favorable à l’établissement d’une consigne sur les bouteilles de vin et de spiritueux si telle est la volonté du gouvernement québécois.

La présidente de la SAQ, Catherine Dagenais, a fait cette déclaration devant la commission parlementaire qui étudie les enjeux du recyclage et de la valorisation du verre. Depuis le temps que la SAQ fait fi de ses responsabilités et résiste à l’idée d’une consigne, cette ouverture est un pas dans la bonne direction. Le gouvernement doit forcer la SAQ à gérer à l’interne un système de consigne.