Les aînés, plus particulièrement ceux des dernières générations, ont contribué à l’évolution de la société québécoise des vingt et trente dernières années.
Les aînés, plus particulièrement ceux des dernières générations, ont contribué à l’évolution de la société québécoise des vingt et trente dernières années.

Hommage aux aînés

Viateur Dupont
Viateur Dupont
Québec
POINT DE VUE / Je ne sais pas trop pourquoi il m’est venu cette idée, peut-être le phénomène du vieillissement ou les effets de la COVID-19 ou encore est-ce plutôt le fait de ce que nous avons entendu de ce qui s’est passé dans les CHSLD et les résidences privées pour aînés. C’est comme devenu une urgence de m’exprimer sur cet enjeu de notre société.

Les aînés d’aujourd’hui, pour moi, ont une allure, un comportement qui va bien au-delà de ce que c’était il y a vingt ans. Les aînés des années 2020 sont des gens plus instruits, plus informés, très conscients de la période tumultueuse que nous traversons et ils ont occupé des fonctions importantes, plus à l’écoute de l’évolution technologique de maintenant et qui, de plus, bénéficient d’un phénomène percutant: l’espérance de vie. Aujourd’hui, vivre jusqu’à cent ans n’est plus une exception, c’est devenu une réalité de tous les jours.

Les aînés, plus particulièrement ceux des dernières générations, ont contribué à l’évolution de la société québécoise des vingt et trente dernières années. Ils ont mis la main à la pâte pour évacuer des tabous, des modes de vie et des peurs qui étaient vraiment le lot de la majorité. Ces manières de vivre étaient alimentées par le clergé abusant de son influence et utilisant la naïveté des gens et leur peu de connaissances pour maintenir leur mainmise sur la population. Le phénomène de la peur allait jusqu’à parler avec éloquence des feux de l’enfer. Ce fut le cas aussi des nombreux politiciens exploitant les mêmes approches de persuasion.

C’est ainsi qu’avec le temps, on a fini par s’éloigner de ce «bon vieux temps» et que les aînés ont contribué à mettre en marche des mesures sociales et collectives qui ont apporté une aide indispensable aux familles les moins fortunées. Les aînés se sont imposés dans plusieurs activités et organisations sociales pour faire évoluer la société québécoise.

Par leurs débats et leurs combats, ils ont créé de précieux gains en bâillonnant les peurs installées par des mesures sociales et collectives: assurance-maladie, assurance médicaments, assurance automobile et en nationalisant des entreprises comme Hydro-Québec (aux négociations de 1972), un plan de retraite (R.E.G.O.P.), un plan de son financement (Caisse de dépôt et placement du Québec). Les aînés ont fait progresser la société québécoise à un point tel que d’autres pays en ont suivi les traces. Les aînés ont débarrassé le Québec des dominations qui l’étouffaient, y incluant même le port de vêtements religieux.

Quand on songe à cette évolution en si peu de temps (pas toujours pour le mieux), nous nous devons de crier notre admiration, notre respect à ces personnes qui, aujourd’hui, continuent à s’impliquer quotidiennement dans les aspects importants de la vie québécoise: des têtes grises ou sans cheveux se retrouvant au cinéma, dans les restaurants, dans les salles de spectacles, les agences de voyages, la garde des petits-enfants et dans plusieurs autres formes de bénévolat. A-t-on songé à cet apport économique et à son importance?

Donc, leur rendre hommage n’est qu’une obligation. C’est une contribution pour leur dire notre respect, nos mercis pour ce que leur expérience nous apporte et leur exprimer toute notre reconnaissance pour tout ce qu’ils ont donné à la société québécoise.