Normand Groleau

Hommage à Normand Groleau

Normand et moi, nous nous sommes connus à la fin des années cinquante à l’école primaire, le Collège Sacré-Coeur de Coaticook. Nous sommes devenus des amis et des complices lorsque mon grand frère Guildo a créé une troupe de scouts francophones, réalisant que plusieurs d’entre nous, dont Normand et moi, avions rejoint les scouts anglophones de l’Estrie.

Il nous fallait des ressources et surtout un local pour loger la nouvelle troupe scoute. C’est alors que Normand a convaincu son papa, qui était chef de la police et des pompiers de Coaticook, d’intervenir auprès de la mairie, pour qu’elle nous prête le dernier étage de l’édifice de l’hôtel de ville qui abritait à l’époque le poste de police et les pompiers. Un super local, très grand, que Normand avait vite fait de remplir de matériaux de construction de toutes sortes qu’il avait récupérés auprès des vidangeurs de la municipalité.

Dès la première réunion, Normand avait démonté sa débrouillardise, sa générosité et son leadership. Durant cette période, nous faisions équipe pour trouver des façons de financer les activités et surtout le camp d’été. L’automne suivant par exemple, il avait eu l’idée de nous faire ramasser de « gros champignons » au pied des arbres, de les sculpter en écureuils, en étoiles, pour les vendre. Il organisa une exposition et versa les dollars récoltés à la cagnotte de la troupe pour financer le camp des scouts moins argentés de notre troupe. Encore une fois il avait mis sa grande imagination au service de sa grande générosité!

J’ai quitté les scouts pour aller au Séminaire de Sherbrooke, mais nous sommes quand même restés amis et complices. 

L’été, nous nous retrouvions le jour comme moniteurs à l’OTJ et le soir au poste des policiers et des pompiers où, grâce à lui, je travaillais comme réceptionniste.

En effet, comme il ne pouvait pas être le réceptionniste du soir, car son papa était le chef de police, il m’avait refilé le boulot; en pratique il passait la majeure partie de la soirée en ma compagnie et nous discutions des projets de la troupe scoute, des jeunes de Coaticook et de nos propres grands problèmes d’adolescents...

Puis petit à petit nos vies ont pris des chemins différents, mais c’était toujours avec un grand bonheur que nous nous retrouvions à Sherbrooke où il a été photographe, à son compte et pour La Tribune, pendant de nombreuses années. Certes, c’est son implication dans la communauté et l’énergie débordante qu’il a déployée à Estrie Aide qui marqueront à tout jamais le passage de Normand en Estrie, mais je veux témoigner ici que dès son jeune âge, il a été un grand bienfaiteur et un véritable leader au service des siens.

Mes plus sincères sympathies à sa famille et à ses nombreux amis.

Henri Paul Rousseau
Professeur invité, École d’économie de Paris