Bernard Sévigny

Gouvernance et sentiment d'appartenance

La création de la nouvelle Ville de Sherbrooke, qui remonte à 2002, s'est faite sur la base de la création d'arrondissements dans le but de dorer la pilule aux villes fusionnées et de faciliter l'acceptation du projet.
On se souviendra que l'ex-maire Jean Perrault a déclaré peu après son retrait de la vie politique qu'il abolirait les arrondissements, s'il n'en tenait qu'à lui. On doit reconnaître qu'il a été un fin stratège, la fusion lui permettant d'élargir considérablement l'assiette fiscale et évitant, du même coup, les difficultés financières qu'aurait connues Sherbrooke sans la fusion.
Aujourd'hui, 12 ans plus tard, force est de constater un échec cuisant quant au développement du sentiment d'appartenance des citoyens envers la nouvelle ville. Les citoyens fusionnés ont vu leurs taxes doubler et le rapport taxes/services est source de mécontentement depuis la fusion.
D'ailleurs, le faible taux de participation aux dernières élections municipales démontre que le citoyen ne voit pas ce que son vote va changer et la participation risque d'être encore plus faible aux prochaines élections.
Le réforme de la gouvernance telle que proposée par le maire Bernard Sévigny a pour effet de mettre de l'huile sur le feu, d'accentuer le mécontentement et de saper à tout jamais la création du sentiment d'appartenance.
Bien que la présente structure soit imparfaite et peut-être pas la formule la plus économique, son maintien est vital et essentiel si on veut construire une ville dans laquelle on se reconnaît et dont les citoyens sont fiers.
Le maire se doit de proposer un projet rassembleur et continuer à gérer la ville et nous montrer que son conseil et lui seront capables, au prochain budget, d'avoir le courage de vraiment revoir la pertinence de certains services, d'identifier des coupures récurrentes, plutôt de tomber dans la facilité d'augmenter les taxes.
Robert Joyal,
membre du Renouveau sherbrookois
Deauville