Gestion des universités: gare aux raccourcis

Nous sommes présidents de conseils d'administration d'universités québécoises. Notre rôle est de voir à la bonne gouvernance de ces établissements et de nous assurer que la direction respecte les meilleures pratiques de saine gestion.
Les membres et présidents de conseils d'administration sont professeurs, étudiants, chargés de cours, employés d'universités et citoyens. Ils sont les dépositaires des intérêts de la communauté universitaire et de la société québécoise. Ce sont des personnes engagées, loyales, aux expertises diverses, qui veillent en toute transparence à ce que la société obtienne un juste retour sur l'effort qu'elle consent à ses universités et dont le seul intérêt est le développement et la pérennité de nos institutions.
Ce travail, les membres des conseils d'administration le font à titre bénévole.
Ensemble, nous adoptons et surveillons la mise en oeuvre des orientations stratégiques et budgétaires pour accomplir notre mission d'enseignement et de recherche, qui va de pair avec l'investissement dans une infrastructure de qualité et un recrutement compétitif. Nous assurons le respect des processus décisionnels ainsi que de la reddition de comptes. Chaque année, nos budgets et dépenses sont rigoureusement détaillés dans les états financiers soumis à une vérification externe, puis déposés auprès du gouvernement. Enfin, nous avalisons le choix et le traitement des recteurs, sauf pour les établissements au sein du réseau de l'Université du Québec.
Parce qu'ils gèrent des organisations complexes qui sont le fer de lance du Québec au sein de la concurrence internationale, les chefs de nos établissements doivent bénéficier de conditions compétitives avec les universités canadiennes assumant des missions comparables. Ni plus. Ni moins.
Les universités québécoises font beaucoup avec les ressources qu'elles ont
Le budget de fonctionnement des universités québécoises est inférieur à celui de la moyenne des universités canadiennes. Année après année, depuis la première étude réalisée en 2002 par la CREPUQ (Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec) - en collaboration avec le gouvernement du Parti québécois - ce fait demeure. Le Guide des universités canadiennes de la revue Maclean's, publié en novembre 2012, place les universités québécoises dotées d'une faculté de médecine en queue de liste quant à leur budget de fonctionnement par étudiant équivalent temps plein.
Néanmoins, nos universités livrent la marchandise. Elles décernent plus de 70 000 diplômes chaque année. Elles mènent des activités de recherche soutenues dans tous les domaines de connaissance. Et elles redonnent beaucoup à la communauté.
La gestion des universités est rigoureuse
Sans une gestion rigoureuse, atteindre de tels résultats est impossible. Les accusations générales de « mauvaise gestion « sont plus faciles à lancer qu'à prouver. On peut, bien sûr, être en désaccord avec certaines décisions ou orientations, mais cela ne signifie pas que nous sommes devant des cas de « mauvaise gestion « en regard des pratiques reconnues de saine administration.
Le gouvernement du Québec le reconnaît lui-même dans son cahier thématique sur la gouvernance et le financement des universités.
Il est opportun de revoir les mesures de reddition de comptes auxquelles les universités sont soumises dans le but de les rendre plus stratégiques, de les simplifier et d'en faciliter la compréhension et la diffusion. Il faut néanmoins résister à la tentation bureaucratique d'ajouter des contraintes réglementaires ou de superposer de nouveaux organismes aux mécanismes existants qui viendraient diluer le rôle, les fonctions et les responsabilités du conseil d'administration.
Défendre le bien de la société et se démarquer sur la scène internationale
Nous partageons le souci des Québécois et du gouvernement quant au respect d'une gestion rigoureuse et transparente des universités. Nous attachons par ailleurs une grande importance aux faits, et croyons aux meilleures pratiques de gouvernance et de gestion. Maintenir un établissement dans une situation déficitaire chronique et structurelle, faute de financement, ne saurait constituer une solution viable. Il est impératif d'en venir à un consensus durable.
Pour que le dialogue sur l'avenir de l'enseignement supérieur soit productif, il doit permettre des échanges ouverts et respectueux qui doteront le Québec et sa jeunesse d'universités bien gérées, adéquatement financées, accessibles et de calibre mondial.
Laval Boulianne
Président du Conseil d'administration, Université du Québec à Chicoutimi
Mary-Ann Bell
Présidente du Conseil d'administration, Institut national de la recherche scientifique
Stuart Cobbett
Président du Conseil des gouverneurs, Université McGill
John R. Porter
Président du Conseil d'administration, Université Laval
Robert A. Gordon
Président du Conseil des gouverneurs, Université Bishop's
Norman Hébert Jr.
Président du Conseil d'administration, Université Concordia
Louise Sicuro
Vice-présidente du Conseil d'administration, Université du Québec à Montréal
Françoise Roy
Présidente du Conseil d'administration, Université du Québec à Rimouski
Lisette Blouin-Monfils
Présidente du Conseil d'administration, Université du Québec en Outaouais
Vincent Tanguay
Président du Conseil d'administration, TÉLUQ
Louise Roy
Chancelière et présidente du Conseil d'administration, Université de Montréal
Francine Martel-Vaillancourt
Présidente du Conseil d'administration, École nationale d'administration publique
Michèle Thibodeau-DeGuire
Présidente du Conseil d'administration, École Polytechnique de Montréal
Lynda Durand
Présidente du Conseil d'administration, Université Sherbrooke
Hélène Desmarais
Présidente du Conseil d'administration de la corporation, HEC Montréal
Denis Pinet
Président du Conseil d'administration, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Michèle Laroche
Présidente du Conseil d'administration, Université du Québec à Trois-Rivières
Dominique Nadeau
Président du Conseil d'administration, École de technologie supérieure