Financer adéquatement le Cégep

Il y a deux semaines, le conseil d’administration du Cégep de Sherbrooke sonnait l’alarme au sujet de la situation financière du collège. La directrice générale du Cégep, Marie-France Bélanger, a lancé un « cri du cœur » médiatique afin que le gouvernement du Québec lui vienne en aide. Rappelons qu’en date du 30 juin 2017, le Cégep assume un manque à gagner de 968 716 $ au solde de fonds du collège, somme constituée par deux éléments. D’une part, on trouve une dette de 364 935 $ qui est la conséquence directe de la politique d’austérité imposée aux institutions publiques par le gouvernement du Québec depuis 2014. D’autre part, on trouve un passif de 603 781 $ qui est le résultat d’un sous-financement chronique des activités d’enseignement. Autrement dit, le coût réel pour offrir les cours aux étudiantes et étudiants du collège n’est pas entièrement financé par le gouvernement.

Afin de rétablir l’équilibre budgétaire, la direction du Cégep de Sherbrooke a dû prendre dans les dernières années des décisions qui ont eu des conséquences importantes pour la réalisation de la mission du collège, soit offrir un enseignement et des services de qualité. La disparition de 32 postes sur deux ans occupés par le personnel de soutien et le personnel professionnel a eu un impact notable sur l’accessibilité aux services pour les étudiantes et les étudiants ainsi que sur les enseignantes et les enseignants. (...) Par ailleurs, en raison d’un financement à l’enseignement qui ne reflète pas les besoins réels, les classes sont trop souvent bondées et les services directs aux élèves limités, ce qui nuit à l’apprentissage. De plus, on ne peut passer sous silence la disparition de plusieurs projets éducatifs et pédagogiques innovants dans le seul objectif d’atteindre l’équilibre budgétaire. Ainsi, on constate que toutes ces réductions de dépenses font que les conditions de travail se sont dégradées et ont entraîné un essoufflement sérieux chez les membres du personnel. (...).

(...) Les trois syndicats représentant la très grande majorité des travailleuses et des travailleurs du Cégep de Sherbrooke s’unissent pour demander à nos représentants régionaux à l’Assemblée nationale du Québec, Luc Fortin, Guy Hardy, Pierre Reid et Karine Vallières, de même qu’à la ministre responsable de l’Enseignement supérieur Hélène David, de prendre les moyens nécessaires pour que le Cégep de Sherbrooke puisse accomplir pleinement son rôle.

Lucie Bouffard, pésidente du Syndicat du personnel de soutien du Cégep de Sherbrooke

Geneviève G. Corbeil. pésidente du Syndicat du personnel professionnel du Cégep de Sherbrooke

Steve McKay, président du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke