Évelyne Beaudin

Évelyne Beaudin victime d'intimidation

POINT DE VUE / C’est avec beaucoup d’attention que j’ai lu l’article de Jonathan Custeau mercredi matin, « Les élus lavent leur linge sale. » Alors que ce conseil uni sous la bannière du parti fantôme du maire Steve Lussier se dit prêt à acquiescer les yeux fermés à chacune des recommandations des fonctionnaires, la conseillère Évelyne Beaudin choisit à l’occasion d’emprunter une voie discordante.

La bonne nouvelle, c’est que cela fait partie de son travail. On s’attend de nos élu.e.s. qu’ils aient des opinions, qu’ils puissent à l’occasion remettre en question les décisions et nous proposer de nouvelles manières de faire. N’en déplaise à ses collègues, le travail d’une conseillère municipale n’est pas de servir de relationniste pour la Ville de Sherbrooke et de mettre un sceau sur des résolutions à l’aveuglette.Mais en Sherbrookistan, les talibans du municipal possèdent la Vérité. Il ne faut surtout pas remettre en question l’ordre établi et ni remettre en question les décisions. Rompez les rangs de la pensée unique et on vous lapidera sur la place publique. Et tout cela, pour protéger l’intégrité des fonctionnaires.

Et pourtant.

Ce sont les fonctionnaires qui ont proposé d’instaurer la Station du dépôt pour les autobus de la STS, pour finalement rapatrier en 2019 les débarcadères en pleine rue King, comme c’était pourtant le cas auparavant.

Ce sont des fonctionnaires qui ont engouffré notre Ville dans Valoris, possiblement le plus grand fiasco financier que notre municipalité ait connu.

Ce sont nos fonctionnaires qui suggèrent (à l’occasion) de sous-traiter certains de nos services, même lorsque la facture refilée aux contribuables s’en retrouve pourtant plus salée.

Ce sont également des fonctionnaires qui nous ont imposé des boulevards qui ne connectent pas et qui transforment certains de nos quartiers résidentiels en voies de transit, au grand danger pour nos enfants.

Je n’ai donc personnellement aucun problème à voir l’une de nos élues poser des questions sur des grands projets de nos prétendues élites.

Mais il y a plus. J’ai été profondément interpellé par l’extrait citant la présidente Nicole Bergeron, expliquant que l’initiative (de sortir en groupe pour planter la conseillère Beaudin) ne relevait pas de son initiative.

Si ce n’était ni l’idée de Mme Bergeron et ni celle de M. Lussier, de qui s’agissait-il?

Qui a fomenté une telle attaque frontale contre une élue, nous rappelant que l’intimidation et le harcèlement ne sont pas réservés qu’aux cours d’école de nos enfants?

Espérons qu’il ne s’agissait pas de l’idée d’un haut fonctionnaire, car nous nous rappellerons que l’un d’entre eux a déjà dû, il y a quelques mois, s’excuser d’avoir outrepassé ses droits et de s’être ingéré de façon politique dans les affaires municipales.


Sébastien Aubé
Ex-conseiller politique d’Évelyne Beaudin et de Serge Cardin