Et si on prenait le temps plus souvent

Suite à la conférence de presse du 12 mars 2020, j’apprenais que selon l’évaluation de la menace appréhendée le gouvernement avait droit de placer une personne en quarantaine. S’il jugeait que les bénéfices étaient plus grands pour la communauté que les droits individuels (Arruda, 2020).

Les paroles du chef de la santé publique du Québec ont résonné tout au long de la journée dans ma tête. Placer le bien commun avant les libertés individuelles. C’est une mesure qui peut paraître drastique, mais qui nous rappelle que nous vivons dans une grande communauté, et que comme dans chaque communauté, le tout est plus que la somme de ses parties. 

 Je crois que dans une situation comme nous vivons avec la crise du coronavirus, il est pertinent de se questionner sur le bien-être collectif. Dans la plupart des films et séries lorsqu’il y a une épidémie on est souvent spectateur des pires atrocités que peut produire l’être humain en situation de crise. 

Et si l’on prenait l’occasion de l’épidémie du COVID-19 pour produire l’effet inverse. Et si l’on prenait le temps d’aider les gens autour de nous en leur rendant service. Et si l’on prenait le temps de s’informer et s’éduquer pour transmettre la bonne information. Et si l’on prenait le temps d’appeler nos aînés, qui trop souvent se retrouvent seuls. Et si on prenait le temps de penser aux peuples autochtones qui se font enlever leurs terres ancestrales au profit de grandes compagnies pétrolières. Et si l’on prenait le temps de penser à tous ces gens qui sont dehors à la pluie aujourd’hui et qui n’ont aucun toit en dessous duquel se protéger. Et si l’on prenait juste un moment pour s’arrêter et penser aux gens autour de nous pour réaliser que la souffrance n’est pas juste présente en période d’épidémie, mais à tous les jours de l’année. 

 Je souhaite profondément, que vous trouviez le temps pendant les prochaines semaines pour vous questionner sur le genre de société dans laquelle vous voulez vivre, et quelles sont les choses que nous pouvons faire collectivement pour améliorer la vie de tous lorsque la crise sera résolue. 

Selon moi, tout commence par reconnaitre l’existence des gens autour de nous. Sortir un peu de son individualité pour nous permettre de réellement vivre-ensemble en communauté. Fonder une société basée sur l’amitié, la solidarité, la coopération et l’égalité de tous. Tels seraient mes souhaits pour l’après-épidémie du COVID-19.  

Étienne Sénécal

Sherbrooke