Et si on éliminait les taxes à la consommation?

Il n'y aurait pas tant de raisons de se réjouir d'une telle mesure, car bien entendu, ce manque à gagner en recettes fiscales devra nécessairement être compensé par des hausses d'impôts et des diminutions de crédits de la part des gouvernements.
Mais je commence à me poser de plus en plus cette question, car avec les négociations sur l'ALENA qui s'amorcent avec les États-Unis cette idée m'apparaît encore plus pertinente.
Tout d'abord; on sait que les négociateurs américains réclameront du Canada l'exonération des taxes sur les produits importés d'une valeur maximale passant de 20 $ à 800 $ (X40).
Si le Canada cède sur ce point, et j'avoue que ça m'inquiète, je prédis la fin du commerce de détail sur notre territoire.
À titre d'exemple, on pourrait commander chez Staples aux États-Unis le même écran d'ordinateur, au même prix que celui qui se trouve chez Bureau en gros, en épargnant 15 % parce qu'on n'aurait pas à payer les taxes.
Il y a aussi cette nouvelle économie virtuelle du commerce de l'intangible, comme les téléchargements et les services professionnels, qui, n'étant pas taxés, donnent avantage aux étrangers.
Il ne faut pas oublier les Amazon, Netflix et compagnie qui font de belles affaires sur notre territoire sans prélever de taxes.
Le commerçant québécois qui perçoit 5 % de TPS + 9,975 % de TVQ sur chacune de ses ventes et qui en fait religieusement chaque mois la remise aux gouvernements respectifs est en droit de supposer que ses gouvernements favorisent et même subventionnent les achats à l'extérieur du pays pour les ventes sous les 20 $. Imaginez à 800 $!
Finalement; il y aurait énormément d'économies à faire en administration des taxes tant pour les gouvernements que pour les entreprises.
Claude Denis, président de la Chambre de commerce de Sherbrooke et PDG d'Électro-5 inc.