Toute accusation mérite un procès, une défense et une peine en rapport avec le délit.
Toute accusation mérite un procès, une défense et une peine en rapport avec le délit.

Et la présomption d’innocence?

POINT DE VUE / Je dénonce Québec solidaire et Christine Labrie, notre députée, qui les représente.

Pourtant je suis membre et donateur annuel depuis la dernière élection sauf que là cette formation politique oublie qu’elle est représentante de notre gouvernement et de notre système de loi. Tout ça vient à la suite d’une publication de Christine Labrie sur Facebook et d’une lettre ouverte signée d’elle et de la députée Manon Massé disant qu’elle et son parti approuvent, supportent et encouragent les dénonciations sans description de l’accusation et sans accusateur, liées au phénomène #Metoo qui déferlent en ce moment.

Avant de crier, sachez que je dénonce tout acte de violence, sexuel ou autre, avec véhémence, mais je crois aussi que ce tribunal populaire a assez duré.  

Depuis quelque temps, une liste de présumés coupables circule sans accusateur, sans fait et sans accusation. 

Quand je l’ai mentionné à la députée, elle m’a répondu et je cite : « Pour les personnes qui se retrouvent sur cette liste, c’est un indicateur qu’elles devraient réfléchir à leurs comportements. Pour tous les autres, c’est un avertissement de rester sur ses gardes avec ces personnes, ce qui peut permettre d’éviter de nouvelles victimes. » Elle les considère donc coupables de facto!

Depuis quand, au Québec, le principe d’innocence jusqu’à preuve du contraire n’est-il plus en vigueur? Depuis quand un parti ou une députée peut décider de ne plus respecter la société de droit dans laquelle nous vivons? 

Je crois que c’est un manque flagrant de leur part qui démontre que pour eux, la cause est supérieure à la loi. Des élus politiques n’ont pas le droit de jouer aux hors-la-loi. Pour moi, accepter, pire encourager, cette fausse justice populaire se classe au même niveau que les scandales de Marc-Yvan Côté ou Nathalie Normandeau qui considéraient leur vision plus importante que la loi et il n’est pas sans dire que cela me déçoit énormément de la députée de Sherbrooke. 

Metoo, bien que valable en soi, a amené un phénomène de peur incompréhensible qui fait que, sur une simple suspicion sans accusateur et sans preuve, les entreprises se retirent devant la crainte de cette association.  

Pire encore, les dénoncés sont présumés coupables des pires crimes sexuels de l’histoire alors que la vérité est bien loin de cela et le cas de Maripier Morin en est un bel exemple. Une morsure, dans le pire des cas, c’est une accusation de coup et blessure et non de viol! Surtout quand la « victime »  en rigole le lendemain dans un message sur Facebook. Ça mérite possiblement des travaux communautaires pour une personne sans antécédent, mais certainement pas de perdre ses commandites et sa carrière et encore là, c’est à une cour de décider (...)

Pour moi, toute accusation mérite un procès, une défense et une peine en rapport avec le délit. 

Or, en ce moment, les peines du tribunal populaire sont complètement disproportionnées, mais ça ne semble pas affecter ni la députée ni son parti. Je comprends qu’on doive tenir compte de l’expression populaire, mais lui donner un droit de justice est hautement dangereux, car c’est une porte ouverte à de très nombreux abus.

Une injustice passée ne peut pas servir d’excuse à une nouvelle injustice présente et aucun parti n’a le droit de se positionner supérieur à la loi.

Richard Painchaud, Sherbrooke